VIH/SIDA: Essai prometteur d’un vaccin français

Une start-up de Sophia Antipolis a testé l’efficacité de son traitement sur 48 malades à l’hôpital de la Conception à Marseille.

L’espoir d’un traitement du sida beaucoup plus léger que les trithérapies et même d’un vaccin pourrait bien venir contre toute attente d’une petite start-up de Sophia Antipolis, Biosantech. Cette petite entreprise sans salariés a annoncé avoir testé avec succès l’efficacité de son traitement sur des malades. Elle a acquis auprès du CNRS la licence d’exploitation des brevets déposés par Erwann Loret, biologiste au CNRS de Marseille.
Le principe du traitement est original. Lorsqu’un patient est infecté par le virus du sida, une protéine Tat est secrétée et en perturbant le système immunitaire permet au virus de se multiplier. Erwann Loret a mis en évidence que l’injection de protéines Tat différentes (synthétisées sur le modèle de la «Tat Oyi» découverte sur une patiente gabonaise) engendre la production d’anticorps capables de détruire les Tat.
Biosantech a réalisé les essais de phase II A entre avril 2013 et décembre 2014, mais un différend avec Erwann Loret aurait bloqué la récupération des résultats. «Nous avons signé un protocole transactionnel avec le CNRS et nous venons enfin d’intégrer toutes les données de l’essai clinique dans la base de données. La levée d’aveugle des essais est prévue pour le 2 octobre et nous communiquerons les résultats scientifiques le 5 octobre», explique Corinne Treger, présidente de Biosantech, devant l’hôpital de la Conception à Marseille où ont été réalisés ces essais sur 48 personnes. Mais, d’ores et déjà, Corinne Treger affiche son optimisme: «Nous avons pu constater qu’il n’y avait pas d’intolérance à notre candidat vaccin et que sur un nombre important de patients, on a les mêmes résultats qu’avec la trithérapie. On a eu une réponse immunitaire forte permettant de stabiliser le virus.»
Une troisième phase d’essais
Concrètement, trois injections successives à un mois d’intervalle ont été pratiquées sur des patients séropositifs. Au cours des deux mois suivants, des dosages ont été effectués sur les anticorps et les anti-Tat. Ensuite, le traitement de trithérapie a été interrompu pendant deux mois, avec l’autorisation de l’Agence nationale de recherche sur le sida.
Il faudra ensuite une troisième phase d’essais (phase II B), notamment, pour affiner sur 80 patients le dosage du vaccin. Mais Biosantech, qui a déjà dépensé plus de 1,3 million d’euros, est à la recherche d’un partenaire. «Les résultats sont à portée, et la prochaine étape sera la production industrielle. C’est le moment de passer la main», estime Corinne Treger, selon laquelle son médicament pourra être disponible dans les 18 mois.
«Personne ne nous a aidés. On nous a plutôt mis des bâtons dans les roues. Même l’ANRS, qui a un budget de 46 millions d’euros par an pour la recherche contre le sida ne nous a rien donné», regrette Mme Treger. Elle s’est tournée vers des investisseurs privés et a réalisé une opération de financement participatif qui lui a rapporté 800.000 euros. La Banque publique d’investissement lui a en outre prêté 170.000 euros cette année.
Aliette de Broqua
(Le Figaro)

VIH/AIDS: Promising clinical trials for a French vaccine

The Sophia Antipolis’ start-up tested its treatment on 48 sick people at Marseille’s Hopital of Conception.

The hope for an AIDS’ treatment lighter than the actual one and even a vaccine could come from the small start-up of Sophia Antipolis, Biosantech. This small company without any employee announced successful test on sick treatment. She won at CNRS the right to use the Erwann Loret’s patent (Biologist in CNRS of Marseille). The treatment’s principle is quite original. When a patient is infected by AIDS, a Tat protein is secreted and it disturb the immune system and let the virus expand. Erwann Loret shows that by injection of another tat protein (synthetize on “tat Oyi” model, discovered on a Gabonese patient) let the creation of antibodies which destroy Tat. Biosantech did the phase II A of tests between April 2013 and December 2014, but a dispute with Erwann Loret had stopped the data’s recuperation. “We sign a transactional protocol with CNRS, and we finally get data’s result. The end of tests will happen October the 2nd and we’ll communicate scientific result the 5th.” Explain Corrine Treger, Biosantech’s president. She’s very optimistic “We observe that there is no intolerance to our vaccine and we get the same results as with the old therapy. The immune response is strong and the virus is stabilize”
A third test’s phase
Three injections have been given to HIV-positive people with one month interval. The next two months, they carry out dose about antibodies and anti-Tat. Then, their actual treatments have been stop with the National AIDS searching agency’s permission. Now it will be necessary to get a third test phase (phase II B) to refine the vaccine’s dose on 80 people. But Biosantech, which already spend over 1,3 million of euros is searching of a partner. “There will be soon results and the next step will be the production. That’s when we leave the project to more capable company” think Corinne Treger, who hope her vaccine will be able to be use in the next 18 months.
“Nobody helped us. On the contrary people try to block us. Even ANRS which get 46 millions of euros a year wont gave us anything” regrets Ms. Treger. Finally she finds private investor and organize a participative financing which bring in 800,000 €.Investing Public Bank also lend her about 170,000€ this year.
Aliette de Broqua
(Le Figaro)

Traduction: Simon Vermot Desroches

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