Vaccin antipaludéen Mosquirix:L’ONU pour des tests avant une utilisation à grande échelle!

Un panel d’experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), chargé de conseiller les Nations unies, a recommandé le vendredi 23 octobre 2015 l’utilisation test dans certaines zones impaludées d’Afrique sub-saharienne de Mosquirix, le vaccin le plus avancé contre le paludisme, avant d’envisager un usage plus étendu.

Le Mosquirix, vaccin antipaludéen, a reçu le 24 juillet 2015 un «avis scientifique positif» du Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne du médicament (EMA). Ce vaccin est le premier à être reconnu pour son efficacité par cette agence dans la lutte contre le paludisme. L’EMA se fonde sur la publication d’une étude de phase 3 menée auprès de 16 000 enfants dans 7 pays africains notamment le Burkina Faso, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, la Tanzanie.
Cependant, selon des experts, chargés de conseil à l’ONU sur les politiques de vaccination, le Mosquirix, fabriqué par le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK), devrait être distribué dans trois à cinq zones de manière à évaluer son efficacité, a publié Jeune Afrique. Ce vaccin pourrait ainsi bénéficier jusqu’à un million d’enfants.
La première dose sera administrée à des enfants âgés de cinq à 17 mois afin d’évaluer son effet protecteur. «Dans ces zones de l’Afrique, le premier facteur de mortalité est aujourd’hui le paludisme», a déclaré le professeur Jon Abramson, président du Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS (SAGE) sur la vaccination.
Le Mosquirix est le vaccin le plus avancé contre le plasmodium falciparum, la souche la plus fréquente et la plus sévère de la maladie. Le paludisme touche environ 200 millions de personnes dans le monde, principalement en zone tropicale et fait environ 600 000 morts chaque année, selon l’OMS. Plus de 75% des décès concernent des enfants de moins de cinq ans, en grande majorité en Afrique subsaharienne, où le parasite tue 1 200 enfants par jour.
Développé par GSK avec des financements de la Fondation Bill et Melinda Gates, le Mosquirix est le premier vaccin à atteindre la Phase III des essais cliniques, l’étape finale avant l’autorisation de commercialisation et le premier à être évalué par des institutions.
Selon le Pr Abramson, les tests pourraient ouvrir la voie à une utilisation à grande échelle du vaccin au cours des cinq prochaines années.
En avril dernier, les résultats de tests effectués pendant plusieurs années sur 15 500 enfants dans sept pays africains ont été publiés dans la revue médicale The Lancet, faisant état d’un succès mitigé.
Jérôme William Bationo

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