Seydou Zongo (Zedess), Président de la commission Animation: « J’ai reçu des menaces, mais nous avons fait notre travail… »

Les artistes sélectionnés pour les différentes prestations sur les plateaux artistiques de la 26ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) sont désormais connus. Les noms sont affichés au siège du festival. Mais, tout n’a pas été vraiment rose pour les membres de la commission « Cérémonies et animations culturelles », présidée par Seydou Zongo (Zedess). Ce 20 février 2019, nous avons rencontré, le président de la commission qui avoue avoir reçu des menaces…Entretien !

Dites-nous, comment s’est passée la sélection des artistes pour les différentes prestations ?

Tout d’abord, il y a eu un appel à candidature, avec des critères. En plus de ces critères, le jury se réservait aussi le droit d’arbitrer et de délibérer sur certaines candidatures qui n’étaient pas actées dans les dossiers. Après l’arrêt du dépôt de candidatures le 9 février 2019, nous avons comptabilisé près de six cent (600) dossiers à dépouiller. On a fait les dépouillements, on a écouté les chansons car, contrairement à ce qu’on pense, c’est ce qui nous a permis de découvrir des perles, des gens qui ne sont pas forcément connus et qui seront sur les plateaux-off. Actuellement, nous sommes au stade de la programmation, de l’établissement des chronogrammes.

Quel était l’ambiance lors de ces séances d’écoute et de sélection ?

C’était difficile. Il y a eu des cas où nous avons dû consulter la liste de ceux qui sont passés il y a deux ans. Il y avait certaines œuvres qui n’étaient pas reconnues par l’appareillage d’écoute. Parfois nous n’étions pas d’accord, comme dans toutes les commissions. Mais c’était enrichissant sur le plan humain. C’était aussi le jeu des arguments contre les arguments. C’était passionnant mais ce n’était pas facile. On travaillait pratiquement pensant dix (10) heures de temps par jour. On finissait souvent à 22 heures ou à 23 heures.

Comment s’est fait la sélection des artistes qui presteront lors de la cérémonie officielle d’ouverture le samedi 23 février 2019 ?

Le choix s’est fait sur la base du background. De toutes les façons, je crois que si l’on demandait aux citoyens lambda, il est fort probable que l’on ait pensé aux mêmes personnes ; le principe étant de ne pas reconduire automatiquement ceux qui ont déjà presté. A compétences égales, on choisit ceux qui n’ont pas encore presté. On le dit très souvent dans la rue : « ça ne ment pas ». Leurs carrières et leurs pédigrées jouent en leur faveur. Il y aussi des artistes sélectionnés qui joueront aussi lors de la cérémonie de clôture.

Est-ce vrai que vous avez reçu des menaces d’artistes qui n’ont pas été retenus pour cette édition du festival ?

Cela n’est pas seulement valable dans le domaine de la culture et de la musique en particulier. Il y a toujours des gens qui ne sont pas contents. Cela est normal qu’ils s’expriment avec une certaine véhémence, mais il n’y a eu aucune attaque ou agression sur ma personne, physiquement. Il n’y a eu qu’un seul cas d’une personne qui a manifesté un peu bruyamment son mécontentement. Sinon, de manière générale, tous les artistes reconnaissent que, même si l’on ne peut pas être juste, nous avons essayé d’être équitable, et la plupart des artistes sont contents de leurs programmations comme il y a deux ans d’ailleurs.

Comment s’est opéré le choix du groupe ivoirien Magic System pour le concert ?

Là, ce n’est pas le choix de notre commission. Nous ne nous sommes pas occupés de cela. C’est le comité national d’organisation qui s’occupe de cette question.

Jean-Yves Nébié

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