Semaine Nationale de la Culture: Tout est prêt !

Le lundi 12 mars 2018, Jean Paul Koudougou, Secrétaire général du ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme, par ailleurs, président du Comité National d’Organisation (CNO) de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) nous a accordé un entretien exclusif. Avec lui, il a été question de l’organisation de la 19e édition de la SNC qui se tiendra du 24 au 31 mars 2018 à Bobo-Dioulasso, sous le thème : « Sauvegarde des valeurs culturelles : enjeux et défis ».

Nous sommes à quelques jours de cette importante rencontre culturelle qui se tient régulièrement dans notre pays, à savoir la Semaine Nationale de la Culture (SNC). Comment se déroulent les préparatifs de cette édition ?
Les préparatifs se passent bien. Pour prendre en compte tous les désagréments que l’on a connus les éditions passées, le comité national d’organisation a décidé d’anticiper sur de nombreux aspects qui forment après des goulots d’étranglement à cause du manque de temps. Depuis le 16 février 2018, ledit comité a été mis en place et est à pied-d’œuvre pour les préparatifs. Nous avons déjà mis en marche le plan de communication depuis le 01 mars. Il y a également la localisation et l’aménagement des sites d’accueil des différents artistes qui est pratiquement achevé. En ce qui concerne la foire, les stands sont vendus. Il s’agit seulement de les aménager pour accueillir les exposants, au mois 48 heures avant le début de la cérémonie. Pour tous les plateaux off, nous en aurons cinq (5). La sélection des artistes est déjà achevée et les programmations sont en cours. Nous avons voulu vraiment anticiper sur les difficultés que nous avons généralement lors des différentes éditions.

Quelle est la particularité de cette édition ?
Cette édition est placée sous le sceau du patriotisme, parce que les moyens sont très limités et il a fallu qu’on travaille en tenant compte de ces moyens. Maintenant il faut gérer les ressources humaines compétentes pour pouvoir mener à bien le travail. Elle est aussi particulière à cause de la plus grande implication des populations de Bobo-Dioulasso dans l’organisation de la manifestation. Les 4/5 du comité national d’organisation sont composés des ressortissants de Bobo-Dioulasso. Tout cela, c’est pour minimiser les coûts et aussi permettre à la population de vivre véritablement cette manifestation. En plus de cela, il faut dire que toutes les sensibilités sont concernées dans l’organisation de la SNC, tant au niveau des collectivités qu’au niveau central. Nous avons essayé d’inclure tous les représentants pour la mise en œuvre des activités. Une autre dimension particulière sera accordée au marché de l’art, car nous sommes en train de nous orienter vers l’organisation d’une économie de la culture. Il était donc nécessaire que nous tendions vers une professionnalisation du marché qui permet à des opérateurs extérieurs et intérieurs de se retrouver pour valoriser les différentes potentialités qui existent sur place. Et je crois que nous avons au moins une dizaine d’opérateurs étrangers contre une quinzaine sur le plan national.
Mais généralement les difficultés ne manquent pas. Il y a l’insuffisance de moyens financiers. On a parfois déploré les troubles qui ont occasionné des incendies. Il y a également le problème du logement des artistes ; il y a notamment des infrastructures qui étaient en construction.

Que deviennent ces projets ?
Ces projets sont toujours en cours. Il me plaît de vous rappeler que le chef de l’Etat avait promis aux artistes la construction d’une cité qui leur sera dédiée. Ce projet se poursuit : le terrain a été identifié, les études de faisabilité sont pratiquement validées. Il s’agira maintenant de mobiliser les moyens qu’il faut pour réaliser cette infrastructure. En attendant, les sites classiques et traditionnels qui les accueillaient sont totalement aménagés et rénovés pour un minimum de confort. Pour l’organisation de la foire, disons que l’on manque souvent de vigilance. Il y a un nombre limité d’espaces qui peuvent être occupés pour permettre la fluidité de la circulation. Cette année, nous avons prévu 512 stands pour toute la manifestation et nous nous en tiendrons à cela. L’autre précaution prise est que tous les exposants doivent avoir une assurance et cela fait partie des cahiers de charges pour éviter que les gens aient des comportements déviants qui peuvent entraîner des désagréments. Ce sont des mesures que nous avons mises en place pour que les gens soient en sécurité sur les sites et leur permettre de passer des moments convenables. Sur le plan sécuritaire, tout est mis en œuvre avec les forces de sécurité pour éviter les débordements. Il y a aussi que les stands seront strictement réservés aux exposants disposant d’un badge accrédité chez nous pour éviter les pertes économiques liées aux fraudes monumentales lors des précédentes éditions.

Quel est le montant du budget prévisionnel de cette édition ? A ce moment précis, peut-on dire que vous respirez ?
Le budget est vraiment en-deçà de ce qu’on avait pour les précédentes éditions. Il s’élève à 600 millions dont 450 millions de la part de l’Etat et les 150 millions sont attendus des partenaires. A cette heure, je crois que l’on peut être rassuré. La contribution de l’Etat est effective. Pour les partenaires, nous avons bouclé 80% du budget. Nous attendons les derniers qui vont financer pour qu’on puisse être à 100%.
C’est vrai que la zone ouest a, jusque- là, été épargnée. Mais sur le plan sécuritaire, des mesures ont-elles été prises pour tenir la population loin des attaques terroristes ?
Au-delà de la SNC, il y a un travail continu fait par les forces de défense et de sécurité et le gouvernement pour pouvoir informer et sensibiliser les populations sur les risques du terrorisme. A ce niveau-là, en ce qui concerne la SNC, il y a un travail qui est fait en étroite collaboration avec les forces de défense et de sécurité (gendarmerie, sapeurs-pompiers, police municipale et nationale). Ils prennent en compte toutes les mesures idoines pour parer à toute éventualité. Il faut signaler l’engagement personnel du chef de l’Etat pour assurer la sécurité des populations lors des manifestations et je crois que c’est un engagement qui est très fort ; car, au-delà de ce qui peut être mis à disposition, il y a l’accompagnement de la mise place d’un dispositif sécuritaire efficace.

Quel appel avez-vous à lancer aux populations ?
A quelques jours de cette manifestation, je lance un appel à la mobilisation de tous les fils et filles de notre pays. Cet évènement est l’affaire de tous. Nous devons lui donner de l’envergure. C’est une édition qui se tiendra dans un esprit de parcimonie car les moyens sont limités. Chacun doit donc jouer sa partition pour qu’on puisse éviter les surprises liées aux imprévus. Si l’on reste dans une certaine marge de professionnalisme et du respect de toutes les réglementations, je cois que nous parviendrons à des résultats satisfaisants. C’est aussi pour moi l’occasion d’inviter toutes populations à converger vers Bobo-Dioulasso, à supporter les troupes qui sont les vrais ambassadeurs de notre culture ; et c’est à travers notre engagement que nous pourrons véritablement donner de l’éclat à notre culture.
Cyr Payim Ouédraogo
Jean-Yves Nébié

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