Projet TAAT/WEC: De résultats concluants avec le sorgho

Le projet « Technologie pour la transformation de l’agriculture africaine/Compact eau » a organisé, le 14 septembre 2019, à Toma (Nayala), une visite commentée d’un champ école de sorgho où il a été appliqué des techniques de conservation de l’eau à la parcelle (demi-lunes, cordons pierreux, zaï). Ce projet, financé par la Banque Africaine de Développement (BAD), vise à atténuer les effets de la variabilité climatique sur le rendement agricole.

A Toma, Evariste Zerbo,  désigné par l’Union provinciale des professionnels agricoles du Nayala (UPPA/NYL), est le producteur qui a accueilli les essais dans son champ de 5,6 hectares (ha). C’est avec un grand enthousiasme qu’il a guidé les visiteurs du jour dans son lopin de terre où il a appliqué les techniques de conservation de l’eau à la parcelle (zaï, demi-lunes, cordons pierreux). Au regard de la très bonne physionomie des plants de sorgho, l’application de ces techniques lui ont été bénéfiques. Jouxtant cette parcelle école, il a également réalisé un champ témoin où il a cultivé suivant les méthodes traditionnelles sans les techniques de conservation de l’eau à la parcelle. Les résultats sont éloquents : les pieds de sorgho du champ école (où le sol est plus humide) ont une apparence plus reluisante que dans le champ témoin. « Je suis très content. Ce projet m’a permis de comprendre l’importance des techniques de conservation de l’eau dans les champs. Vous le voyez, mon champ a une bonne physionomie. Dans les autres champs, ce n’est pas aussi bien », s’est réjouit Evariste Zerbo, qui a désormais décidé de l’application systématique de ces techniques dans son champ. Pour un souci de vulgarisation, des producteurs de la ville et de la province ont été conviés à la parcelle où Evariste Zerbo a eu le plaisir de leur expliquer le processus d’aménagement des demi-lunes, des cordons pierreux et du zaï.

Selon Siaka Ouattara, Secrétaire général de la province du Nayala, ces techniques, enseignées par le Projet TAAT/WEC, doivent être appliquées par les autres producteurs. « Nous sommes très heureux de voir ce succès encourageant et le bénéfice de ces techniques sur l’atténuation des effets du changement climatique. Nous voulons que ces techniques soient largement adoptées par les producteurs », dit-il. Pour répondre à sa préoccupation, Drissa Ki, président de l’UPPA/NYL, rassure : « Nous avons identifié des producteurs relais, des jeunes et des femmes y compris, que nous avons formés à l’entrepreunariat agricole, à qui nous avons demandé de venir à cette visite commentée du champ école pour apprendre et s’informer sur ces techniques afin qu’ils les appliquent. Nous sommes une union des professionnels agricoles et nous avons déjà formé plus de mille producteurs pour la gestion de la campagne agricole et du grenier. Nous avons des commandes du Programme alimentaire mondial (PAM) et l’application de ces techniques devrait nous aider à nous nourrir et à honorer ces contrats ».

Activités réalisées sur le site de démonstration

Les activités ont été réalisées en deux grandes phases. Tout d’abord, il y a eu la phase d’aménagement du 8 au 24 mai 2019. Il y a eu, en effet, la réalisation de demi-lunes (385 sur 0,5 ha), de cordons pierreux (7 sur 1 ha) et de trous de zaï (13 013 sur 0,5 ha). Pour la seconde phase, du 20 juin au 09 septembre 2019, il y a eu l’application du fumier sur la parcelle aménagée de 1 ha ; le semi de la variété de sorgho kapelga, l’application du NPK et de l’urée, les trois sarclages des parcelles.  

Présentation du Projet TAAT/WEC

Selon Dr Nati Aïssata Delphine Bama, Coordonnatrice nationale du projet, le projet «Technologie pour la transformation de l’agriculture africaine/Compact eau (TAAT/WEC)» est exécuté dans sept (7) pays en Afrique subsaharienne (Burkina Faso, Ethiopie, Mali, Malawi, Nigéria, Soudan, Tanzanie). « L’objectif est d’accroître la productivité agricole, à travers la vulgarisation des technologies éprouvées dans le domaine de l’irrigation et de la gestion de l’eau auprès des producteurs en Afrique. Au Burkina Faso, il est exécuté par l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) en partenariat avec International Water Management Institute (IWMI). Les spéculations concernées sont le riz et le sorgho. Pour le sorgho, les régions choisies sont la Boucle du Mouhoun (Toma) et le Centre-Nord où il s’agit de vulgariser les techniques de conservation de l’eau (zaï, cordons pierreux et demi-lunes), afin d’atténuer l’effet de la variabilité climatique sur le rendement agricole. Le projet dure trois ans », explique-t-elle. Elle s’est réjouie de la grande mobilisation des producteurs, signe manifeste de leur intérêt pour l’appropriation de ces techniques. Elle assure, par ailleurs, que des formations seront organisées au profit des producteurs pour la vulgarisation de ces techniques.

Jean-Yves Nébié

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *