Patrimoine culturel : Adama Dramé se sépare de son «grand amour»

Le patrimoine culturel burkinabè s’est enrichi via le Musée national qui a reçu une nouvelle pièce. Offerte par Adama Dramé, l’œuvre est le premier Djembé de la carrière de l’artiste musicien, son compagnon de longue date, qu’il a remis officiellement au ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Tahirou Barry, le samedi 6 février 2016 à Ouagadougou.

«Dans la vie d’une structure ou d’un individu, il y a des moments où les mots sont impuissants pour traduire la vérité des propos ; et ce moment est historique pour le Musée national», a déclaré le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Tahirou Barry, en recevant le premier Djembé d’Adama Dramé. «Quand on s’est attaché à un objet et que celui-ci a façonné votre vie en vous impulsant une trajectoire professionnelle, mais que vous acceptez à un certain moment de votre vie de le céder au patrimoine, il n’y a pas meilleur acte de sacrifice», dira en sus le premier responsable en charge de la Culture.
En effet, c’est le meilleur compagnon de l’artiste Adama Dramé, son premier djembé, vieux de près de 50 ans qu’il a remis pour le compte du patrimoine culturel burkinabè. Ce premier outil qui lui a permis de gravir les échelons de la musique depuis Bobo Dioulasso à travers le monde en passant par Bouaké sera ainsi pour la postérité au musée national du Burkina. Un geste à travers lequel Adama compte marquer davantage l’histoire et contribuer à la valorisation de cet instrument de façon générale, a-t-il fait savoir. C’est dans ce sens que le ministre Tahirou Barry, continuant dans la même lancée, a reconnu que c’est une partie de sa personne que l’artiste accepte de céder à la nation. «C’est votre vie, c’est une partie de votre âme et je pense qu’il n’y a pas de mots pour exprimer la gratitude face à l’acte que vous avez posé, car c’est la manifestation supérieure de la forme la plus achevée du don de soi», a-t-il confié à Adama Dramé. Un geste salué également à sa juste valeur par le Directeur général du Musée national pour qui ce «geste est une autre création du Maître», avant d’assurer qu’il prendra les dispositions utiles pour mettre en valeur cet outil au sein de son institution.
Ce don de l’artiste s’inscrit dans le cadre de la célébration de ses 50 ans de carrière musicale. Un jubilé que l’artiste compte marquer d’une pierre blanche malgré la situation précaire, a-t-il dit.

L’histoire d’un djembé!
«C’était en 1969 ; après le premier djembé que m’avait offert mon père, je n’avais plus d’instrument et, à Bobo Dioulasso, je me suis adressé à un forgeron qui me l’a taillé. C’était mon premier djembé et il m’a énormément fait plaisir. J’ai tourné avec lui un peu partout. Tous mes premiers vinyles, mes grandes tournées en Europe à partir de 1979 c’était avec cet instrument. Et ce jusqu’en 1990, je l’avais avec moi. Les souvenirs en autant d’années sont nombreux mais l »un des plus grands avec ce djembé c’était en 1979 lors de ma première tournée en Suisse. L’instrument n’était pas connu là-bas et, pendant une semaine, à l’occasion d’un festival auquel j’ai participé, les gens me suivaient partout où je passais avec lui».
Jérôme William Bationo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *