Ouganda 2017: Communiquer suffisamment sur la biosécurité

La ville d’Entebbe en Ouganda a accueilli, du 18 au 20 juillet 2017, la deuxième édition du Symposium africain sur la communication dans le domaine de la biotechnologie agricole et de la biosécurité. Ce rendez-vous d’envergure internationale, qui a mobilisé des experts venus de plus d’une vingtaine de pays du monde entier, a traité du thème : « Renforcement de la communication pour améliorer la gestion de la biosécurité ».

Entebbe ville chargée d’histoire à cause du raid israëlien. En effet le raid d’Entebbe, aussi connu sous le nom Opération Entebbe ou Opération Thunderbolt, s’est déroulé dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda. Organisé par Israël, il a pour objectif de libérer les otages d’un avion détourné par un commando composé de membres du Front populaire de libération de la Palestine et des Cellules révolutionnaires. Réussissant à libérer la quasi-intégralité des otages encore retenus (102 sur 105 secourus), le raid est considéré comme une réussite militaire israélienne.
Le raid a été appelé Opération tonnerre par les forces militaires israéliennes l’ayant planifiée et exécutée, et a été nommé rétroactivement Opération Jonathan après la mort du colonel Jonathan Netanyahou, le seul soldat israélien tué au cours du raid, frère aîné de l’ex-Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. C’est cette cité qui a été choisie par les Ougandais pour recevoir les éminents scientifiques, les invités de marque. Après Nairobi au Kenya en 2015, le Service international pour l’acquisition de l’utilisation des applications des biotechnologies agricoles (ISAAA), appuyé par une multitude de partenaires coorganisateurs dudit événement (ABNE NEPAD, gouvernement ougandais, Université de l’Etat de Michigan-MSU, PBS, COMESA, etc.), a réussi le pari de la tenue de cette édition du ABBC 2017 qui est la plateforme de communications sur la biotechnologie agricole et la biosécurité, permettant aux acteurs du secteur d’échanger activement sur leurs expériences mais également sur les meilleures pratiques de biosécurité en Afrique. La communication sur la biosécurité a souvent été négligée surtout en ce qui concerne l’évaluation des risques et le processus de prise de décision dans le domaine des organismes génétiquement modifiés (OGM). Cela demande désormais plus d’investissement, car dans plusieurs pays africains des produits de biotechnologie sont en train d’être développés pour faire face à certains maladies et ravageurs, pour augmenter la qualité nutritive de certains aliments ou pour s’adapter aux effets du changement climatique. Et c’est tout à fait logique si plusieurs pays ont pris d’importantes décisions ou instaurer des réglementations en matière de biosécurité relatives aux cultures génétiquement modifiées. La plateforme ABBC consiste donc à travailler sur les gaps, les insuffisances en matière de communication sur la biosécurité en développant des techniques innovantes afin de bâtir un système de confiance, de sécurité et bénéfique permettant une utilisation de la biotechnologie agricole en Afrique. Les objectifs du symposium ont été, entre autres, de partager des stratégies innovantes sur des concepts de communication en biosécurité, des processus et décisions à travers des cas pratiques ; de renforcer les échanges et les approches, les ressources et l’expertise sur les communications en biosécurité ; d’identifier des actions essentielles de communication en biosécurité sur les technologies émergentes. Durant les 3 jours du symposium, une multitude de communications ont été livrées par des experts, avec par moments des travaux pratiques. A l’ouverture tout comme à la clôture, les autorités ougandaises se sont prononcées sur les avantages de la biotechnologie ; ce qui exige, disent-elles, que les pays adoptent des lois de biosécurité pour développer non seulement leur agriculture mais aussi d’autres secteurs importants comme la santé, l’industrie, etc. Elles se sont réjouies du fait que la tenue du symposium à Entebbe accélèrera la loi sur la biosécurité en Ouganda. A ce propos d’ailleurs, le président Ougandais, Yoweri Museveni, dans un journal local, serait favorable à l’adoption de ladite loi. De quoi mettre une pression supplémentaire sur les parlementaires de son pays. Lors de cette édition, le Réseau africain de biosécurité du Nepad, dirigé par notre compatriote Dr Jeremy Ouédraogo, a travaillé à la mise en place d’une coalition de réseaux de plusieurs secteurs (communicateurs, juristes, etc.) pour une biosécurité plus forte en Afrique.
A l’issue d’un scrutin, le pays de Nelson Mandela, l’Afrique du Sud, a été choisi pour abriter l’édition 2019.
Notons que le Burkina Faso était représenté à cette grande tribune par deux représentants de l’Agence nationale de biosécurité (ANB) et le président du Réseau des communicateurs oues-africains en biotechnologie du Burkina (RECOAB-Burkina).
Cyr Payim Ouédraogo

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