Les secrets de femmes:Des prescriptions à consommer avec modération…

En relation avec des êtres qui, dit-on, sont pour la plus part infidèles, les femmes ont développé des stratégies pour protéger leur couple. Comment attirer et maintenir l’attention de son homme le plus longtemps possible ? A cette question, les Maliennes, les Sénégalaises et surtout les Nigériennes ont répondu : « Secrets de femmes ». Aujourd’hui, l’usage de ces astuces a été transmis à leurs sœurs burkinabè, de sorte que beaucoup femmes mariées ou célibataires ou jeunes filles n’arrivent plus à s’en passer. Nous avons parcouru Ouagadougou en une journée. Récits et témoignages! Quant aux prescriptions de nos « spécialistes en aphrodisiaques », c’est à consommer avec modération et beaucoup de prudence!

Vendus dans les yaars, marchés ou autres endroits spécialisés, certains produits proviennent de pays comme la Chine ou Dubaï… Les spécialités africaines sont des potions issues de versets coraniques « nassidji », « kilissi (incantations) », des décoctions de plantes, de céréales, de fleurs, de fruits, et surtout des mélanges à base de miel. Du cosmétique aux pouvoirs d’excitation, les « secrets de femmes » sont présentés sous diverses formes. Cure-dent sucré, Bethior ou nuisettes africaines, « baya » plus ou moins personnalisés, pierre d’Alun, Rose de Jéricho, cristaux de menthe, poudre, comprimés et autres ont pour objet d’activer l’appétit sexuel de l’homme et de susciter en lui un intérêt particulier pour sa partenaire. D’après Laure Zango, manager de Sham’s Afrique, une entreprise spécialisée dans la vente d’articles et astuces de séduction pour la libido, la fertilité et la beauté, leurs variétés et rôles sont diversifiés :
-Les lubrifiants traitent des problèmes de sécheresse vaginale. Ce sont souvent des décoctions de plantes qui permettent à la femme de rester « mouillée » pendant les rapports sexuels.
-Les « resserants » résolvent les soucis de l’élargissement du vagin couramment constatés après l’accouchement. En général, ce sont des feuilles bouillies qui seront réservées à la boisson et les bains vaginaux. L’infusion de feuilles de « Djeka » par exemple contribuera à nettoyer le ventre, à guérir les plaies internes et rétrécir le vagin.
-Les aphrodisiaques agissent sur la libido de la femme et/ou de l’homme. La poudre de « kiogo » est par exemple mélangée à d’autres compositions pour que la femme mette ce mélange dans le yaourt pour prendre tous les jours. La mixtion rend le corps de la femme « délicieux », d’après les prescripteurs.
-Les attirants : ce sont des produits concoctés avec lesquels on y ajoute des versets coraniques qui ont pour vertu l’attirance physique. Interdits en période de menstrues, ces poudres et/ou potions sont appliquées sur le corps de la femme pour la rendre plus attirante. Ils ont pour rôle de remédier aux auras ternes. Avec le « cure-dent sucré », madame ou mademoiselle a la chance d’obtenir l’assentiment de son partenaire, voire toutes ses doléances écoutées, a-t-on conclu.
-Les produits pour maintenir le foyer : ils sont aussi extraits ou préparés à partir de versets coraniques. Appliqués sur certaines parties du corps comme les tétons, le vagin ou mis dans une nourriture, ils activent la tendresse de l’homme envers sa compagne, surtout pendant les rapports sexuels. D’autres, dit-on, neutralisent tous les blocages, envoutements, protègent, attirent la chance et renforcent les liens couple.
L’encens fait à base de plantes, racines, huile ou eau de Cologne ne servirait qu’à parfumer et apaiser l’atmosphère de la maison. Il ne serait pas un moyen d’envoutement. Brulé avant le lever et/ou au coucher du soleil dans une chambre, sa bonne odeur encourage l’homme à y passer plus de temps.
-Les « fini la bagarre » : leur utilisation apaisent la tension de l’homme en période de crise conjugale.
Selon la promotrice de « Secrets de femmes », une femme qui utilise les « secrets de femmes » n’a pas le même corps que celle qui n’en utilise pas. L’homme ne ressentira pas les mêmes plaisirs selon qu’il fréquente celle qui utilise ou l’autre qui n’en fait pas usage.
Visiblement, la junte féminine s’en frotte les mains, car certaines en ont fait leur business et se font de bonnes recettes, quant aux consommatrices, elles sont comblées de parvenir à leur fins. Mère de trois enfants, Mme X a dû recourir à « secrets de femmes » pour ramener son homme qui ne s’intéressait plus à elle après l’arrivée du benjamin. Aujourd’hui, monsieur est revenu à la maison et assure même les besoins financiers de madame. Mademoiselle S. en utilise chaque fois qu’elle a un rendez-vous avec son copain. Cela lui accorderait bien de faveurs auprès de lui.
L’on ne saurait la posologie exacte de ces produits car chaque vendeuse a une composition particulière. Des initiées ou non instruites, elles créent et prescrivent en fonction des résultats demandés ou déjà obtenus. Pressées de satisfaire aux exigences de leurs clientes, elles finissent par pousser ces dernières dans des pièges d’où elles n’en ressortiraient presque jamais ; et cela, de façon consciente ou inconsciente. En recommandant par exemple d’avaler 5 comprimés de « Diamankissé » et d’en introduire 2 dans le vagin, bon nombre d’entre elles ignorent les conséquences de ces minuscules pastilles très sucrées sur l’appareil génital. Malheureusement, les consommatrices s’adonnent totalement sans juger les risques auxquels elles s’exposent, tels que les cancers. De même, des aphrodisiaques pour femmes sont proscrits aux hommes pour motifs qu’ils les rendent stériles et impuissants. Le « Bazooka » qui doit être appliqué 30 minutes sur le pénis et lavé avant les rapports sexuels est souvent prescrit dans le sens inverse. A la recherche de résultats rapides, des femmes les introduiraient dans leur vagin et finissent par avoir des problèmes de santé.
En somme, l’abus des « secrets de femmes » est dangereux pour la santé. En dehors des cosmétiques telles que les « bayas » ou nuisettes en perles ou dentelles, il est conseillé de ne pas utiliser les autres « recettes » que pour des périodes telles que les lunes de miel, les week-ends romantiques, le retour après une absence prolongée de l’homme, une réconciliation…Et les mélanges de «secrets de femme» et «secrets de l’homme» sont très déconseillés.
Olgah Traoré

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