L’éducation musicale à l’école (Suite et fin)

Un vecteur de la paix !

L’humanité traverse une période d’angoisse et d’incertitude existentielle due à une multitude de facteurs et de sources, qui sont les principales causes des crises, des conflits et des guerres dans le monde. Ainsi, entre autres facteurs, nous pouvons identifier des faits tels : la déstabilisation des repères socio culturelles, éthiques, moraux ; la résurgence des affirmations identitaires par l’entretien des préjugés et la manipulation des peurs, tant sur le plan économique, sécuritaire, religieux, politique ; la pauvreté, l’analphabétisme et l’ignorance ; l’absence de démocratie, l’impunité, la dictature, la corruption, etc. L’analphabétisme et l’ignorance constituent des nids de crises et conflits latents, dont les facteurs germent petit à petit dans les esprits, depuis l’enfance, et entretenus par les préjugés socio culturels, religieux, etc. Il faut armer ou « désarmer l’esprit pour désarmer la main » qui tue.

L’éducation musicale, dans ses buts et finalités, est un allié propice à l’édification d’un monde de paix par l’édification de citoyens apaisés et vecteurs de paix dans leur environnement immédiat (famille, communauté, nationale).

L’art musical est par excellence collaboration et échange entre individus, le moyen d’expérimentation d’une forme de socialisation et de sociabilité humaine efficace, car, tout ce qui prévaut dans le cercle familial, communautaire ou national, comme éthique, morale, communication, solidarité, dépendance, intelligibilité sociale ou comportementale, etc., se trouvent concentré dans l’apprentissage de la musique, au travers de l’écoute et de la pratique.

Consolidation de la citoyenneté

Pour les Grecs de l’antiquité, l’homme instruit à la chose musicale ne serait jamais un apatride, un belliqueux, un amoral, etc. La musique « adoucit les mœurs » a-t-on coutume d’entendre dire. En effet, le son musical et parfois même le son « brut » a un impact émotif sur les sens et l’esprit humain, mais tel ne sera pas le sujet de notre propos ici, parce que pouvant constituer une thématique à part qui nécessite un traitement plus conséquent.

D’ailleurs, comme pour la plupart des thématiques abordée dans cette réflexion, il faudra revenir un peu plus en profondeur pour mieux exposer les différents contours de chaque centre d’intérêt que l’éducation musicale peut soulever. Nous retiendrons donc, pour ce qui concerne l’apport de l’éducation musicale dans l’édification citoyenne, civique, morale et éthique, deux qualités que sont la « patience-tolérance » et l’humilité.

En effet, une des forces de la musique, dans son volet apprentissage, est la patience-tolérance qu’elle inocule et inculque dans son sillage et qui impacte tout apprenant, désireux de réussir et de parfaire son art musical. L’élève est invité à dompter des énergies et des potentialités qui sommeillent en lui, en se soumettant à la rigueur, dans la patience et à la tolérance de soi. Le succès est à ces seules conditions, si bien que l’apprenant, devient au fil du temps un dompté, qui sait que rien de beau, rien de grand dans l’art ne s’acquiert dans la précipitation, la fougue et la prétention, bref dans la facilité. C’est donc par le canal ou le filtre de la patience et de la tolérance que la musique, porteuse des savoirs ancestraux, de la culture du milieu, pénètrera en profondeur l’esprit non encore « corrompue » des enfants.

L’humilité découle de la prise de conscience de l’apprenant sur ses propres faiblesses et l’effort que suscite l’apprentissage, tant individuel que collectif, dans la confrontation et l’acceptation de l’autre, dans la découverte d’autres cultures musicales, la remise en cause de ses préjugés et choix artistiques et enfin par l’esprit d’ouverture qui s’opère. En apprenant à relativiser par l’apprentissage musical, on peut le répéter avec les Grecs de l’antiquité, qu’en effet, « l’homme instruit de la chose musicale » est moins enclin à verser dans des comportements peu louables, dans l’incivisme et la terreur.

Voilà quelques pistes de réflexions dont la seule ambition est de provoquer la réflexion et l’envie de mieux investiguer, afin de comprendre et tenter de saisir toutes les opportunités qui s’offrent à l’enseignement, d’une manière générale, mais plus spécifiquement à l’encadrement et à l’éducation des enfants (hommes et femmes de demain), par le biais de l’éducation musicale à l’école et voire dans les familles burkinabè.

Sosthène Yaméogo

Sources :

*Jean Duvillard, l’Education musicale à l’école primaire

*Le ministère de l’Education nationale (France)

*Vincent K. Nana, Le rôle de la musique dans l’épanouissement de l’enfant, 1994

*Sosthène Yaméogo, Le rôle et place de la musique dans le développement socioéconomique du Burkina Faso, 1994

 

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