L’éducation musicale à l’école (1ère partie)

Plus qu’une nécessité !

L’éducation, en général, tend à promouvoir les valeurs dans lesquelles une nation se reconnaît, telles l’éducation pour la liberté, la démocratie, le respect des droits humains, le développement du sens moral et civique de l’enfant, etc. Elle vise à en faire des hommes et des femmes dévoués au bien commun, respectueux des lois et règles de la vie sociale, qui œuvrent à les améliorer dans le sens de la continuité, de la justice, de l’équité et du respect mutuel.

Dans un monde où les urgences vitales ne font qu’affirmer leur hégémonie sur l’essentiel, l’éducation (familiale et scolaire) subit les contrecoups pervers de cette monopolisation des énergies dues à l’encadrement efficient des enfants. Les finalités  de l’enseignement musical qui visent, entre autres, l’épanouissement et le développement personnel de l’apprenant, l’organisation de sa « sociabilité », par la confrontation et la solidarité avec l’autre dans un environnement de pratique musicale collective (le chant choral, le jeu orchestral), est un allié socio-éducatif de choix.

Quelles sont les finalités et les buts de l’éducation musicale ?

La pédagogie de l’éducation musicale  vise à favoriser « le développement de l’enfant dans toutes ses composantes, et à l’aider à se situer dans son environnement naturel ou culturel, proche ou lointain », selon Jean Duvillard.

 

Les principales  activités d’enseignement à l’école (primaire) sont le chant choral et la pratique orchestral et visent à accompagner l’élève dans une approche maitrisée de la pratique musicale, résolument inscrite dans une histoire et une géographie jalonnées de repères culturelles essentielles et des savoirs nécessaires. L’éducation musicale est une contribution originale et ludique à l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences (grâce à l’étude des œuvres qui dévoile ce qui fait l’histoire des hommes et des peuples et permet à l’élève de s’informer sur sa propre culture, mais aussi sur celle des autres) tant musicales que socio éducatives, socio culturelles, etc.

Elle pacifie l’apprenant avec lui-même et renforce le sentiment d’appartenance à une communauté de culture. Elle initie et ravive la solidarité tout en faisant prendre conscience  des exigences de respect d’autrui.

 

L’éducation musicale doit aider à développer la perception par l’écoute de la musique, adossée à une palette d’œuvres musicales variées et permettant de développer une perception critique de la musique

Elle doit enfin déboucher sur la pratique maîtrisée (production du son musical) qui identifie les qualités ou les défauts de la production musicale personnelle ou collective.

Ces deux champs de compétences (perception et production du son musical) interagissent sans cesse et se renforce mutuellement pour équilibrer l’expression musicale.

 

Un moyen d’expression, un outil de communication

L’universalité du langage musical en fait un instrument de communication privilégié qui transcende les barrières linguistiques et culturelles. Apprendre à s’exprimer et à donner le meilleur de soi dans la construction et l’élaboration de l’œuvre musicale, participe à la construction de la personne, par un effort de précision dans la pratique, d’intériorisation et de mémorisation, tout en procurant un plaisir partagé. Dans ce rendez-vous du donner et du recevoir, qui consolide et affermit les rapports dans le groupe, il se crée une solidarité, une complicité et une complémentarité utile à la vie en société.

L’éducation musicale repose sur deux notions essentielles que sont la perception-écoute et la pratique. Par elles, il devient possible d’atteindre des objectifs spécifiques. L’écoute aide l’élève à acquérir une écoute discriminante qui lui permet de se situer dans des repères du langage musical, des repères esthétiques afin de développer en lui un sens critique qui lui permet de communiquer et de recevoir des émotions, d’être un acteur dans la construction de sa propre culture. La pratique développe des compétences de l’ordre du socio-affectif, qui permet le respect et la tolérance de l’autre dans les espaces de pratiques collectives où chacun va devoir apprendre à supporter. La pratique favorise la création de liens sociaux.

 Sosthène Yaméogo

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