«Je t’appelle de Paris» de Traces théâtre Immigrer au prix de sa vie !

«Je t’appelle de Paris», met en scène un monologue. Moussa qui voyage pour la première fois à destination de la France pour faire du théâtre. Ce voyage en avion est son baptême de l’air.

Parti de son Bobo-Dioulasso natale, puis de l’aéroport de Ouagadougou, l’acteur principal arrive à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaule où il découvre une multitude de portes d’embarcations et de sorties appelées «Terminaux», contrairement à Ouagadougou qui n’en possède qu’une. Il ne se lasse donc pas de les compter et de les contempler.

Cette découverte de la France et des Français ne se fait pas sans grand étonnement. Le fossé entre le Nord et le Sud, le mode de vie, la culture et les habitudes, le maniement de la langue française, le niveau de développement. «Je t’appelle de Paris» met à nu le choc des cultures. Un Français n’aime pas qu’on lui dise qu’il a grossi, car cela rime avec malnutrition, pendant qu’en Afrique avoir des rondeurs est un signe d’opulence et de richesse. Dans cette création, à travers plusieurs tableaux, Moussa dépeint le paradoxe des deux civilisations.

L’œuvre montre également les avancées de l’Europe sans occulter les difficiles conditions de vie de ses habitants, notamment des Français. Cette pièce est aussi une invite pour des milliers d’Africains qui bravent de multiples dangers à travers l’immigration clandestine pour rejoindre les pays du Nord espérant trouver l’Eldorado. A contrario ce monologue montre comment le théâtre est valorisé chez les Gaulois, accompagné d’une grande promotion et prisé par les populations. Tandis que dans son Faso natal, c’est un théâtre agonisant que quelques-uns tentent de faire vivre au clair de lune pour un public peu nombreux.

Moussa, de son «Eldorado», appelle souvent la femme restée au pays pour lui relater un quotidien de rêve loin de sa réalité en France. Il tente de la mystifier avec ses nouvelles habitudes : alimentaires, les gratte-ciels, les escaliers roulants, la tour Eiffel, les Champs Elysée, et même alimentaire, etc.

Après un séjour marqué de découverte et de stupeur, Moussa revient dans son Bolmakoté natal. La chaleur, la poussière, les moustiques et la sociabilité l’accueillent. Il constate comment l’image des quartiers de chez «les Blancs» font l’objet d’intérêt, de sacralisation par les enfants quand ils les voient. Il retrouve les vieilles habitudes qui n’existent pas en Occident : la solidarité, les salutations chaleureuse à l’africaine, bref ! Le retour à la «vie» !

 Harold Alex Kaboré

«I’m calling you from Paris» by Traces Théâtre: Immigrating to the cost of life!

« I’m calling from Paris » features a monologue. Moussa traveling for the first time to France to do theater. The plane trip was his first flight.

Departing from his native Bobo-Dioulasso and Ouagadougou airport, the main actor arrives at the airport of Roissy Charles de Gaulle, where he discovered a multitude of gates and exits called « Terminals » unlike in Ouagadougou which has only one. So, he does not get tired to count them and contemplate them.

This discovery of France and French people is not without astonishment; the gap between North and South, the lifestyle, culture and habits, the handling of the French language, the level of development. « I call you from Paris » exposes the clash of cultures. A French does not like to be told that he has grown because it rhymes with malnutrition, while in Africa having roundness is a sign of opulence and wealth. In this creation, through several paintings, Moussa depicts the paradox of the two civilizations

The artwork also shows the progress of Europe without obscuring the difficult living conditions of its inhabitants, especially the French. This play is also a prompt for thousands of Africans braving many dangers through illegal immigration to reach the northern countries hoping to find an Eldorado. Conversely, this monologue shows how theater is valued among the Gauls, along with a great promotion and popular with people. While in his native Faso it is a dying theater that a few people are trying to enliven in the moonlight for a small audience.
Moussa, from his « Eldorado », often calls his wife who stayed home to tell her a dream away from his daily reality in France. He tries to mystify her with his new habits: food, skyscrapers, escalators, the Eiffel Tower, Champs Elysee, etc.
After a stay marked with discoveries and amazement, Moussa returns to his native Bolmakoté. Heat, dust, mosquitoes and sociability welcome him. He noted how the image of « whites » neighborhoods are the subject of interest, sanctification by children when they see them. He finds the old habits that do not exist in the West: solidarity, African warm greetings, in short! Back to « life »!

Harold Alex Kaboré

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