Georges de Baziri, styliste-modéliste: La perle burkinabè de l’Hexagone !

Présent dans la couture depuis son adolescence, Georges de Baziri est aujourd’hui un modèle dans ce milieu où la réussite n’est jamais certaine. A travers cet entretien, il dévoile davantage la marque GX226 synonyme de fierté. Il nourrit également des ambitions nobles pour la jeunesse de son pays.

Infos Sciences Culture (ISC) : Pourquoi Georges de Baziri ?
Georges de Baziri (GB) : A l’état civil, je me nomme Georges Kaboré. Mon nom d’artiste est Georges de Baziri. Et Baziri est celui de mon village, situé à 45 km de la capitale burkinabè, que je rends hommage.

ISC : Comment es-tu arrivé à la couture ?
GB : Je suis venu dans la couture grâce à mon père qui fut un couturier. C’est avec lui que j’ai appris le métier. Après ma classe de 3e, j’ai donc décidé de faire carrière dans ce domaine.

ISC : Tu fais la promotion de la marque GX226. Que représente-t-elle exactement?
GB : D’abord GX226 est une marque qui porte le nom de deux personnes. G qui signifie Georges et X qui veut dire Xavier. Ce dernier est mon petit frère. Et 226, c’est l’indicatif téléphonique de mon pays, le Burkina Faso. Nous avons créé cette marque pour nous identifier en tant que burkinabè.

ISC : Comment elle se porte sur le marché ?
GB : C’est comme toute activité, les débuts n’ont pas été faciles. Nous avons créé la marque en 2010 et petit à petit les burkinabè ont commencé à l’adopter. Je peux vous dire que pour le moment ça va. Au Burkina Faso, un à deux millions de personnes connaissent déjà le produit. A Paris, la diaspora burkinabè ainsi que d’autres Africains se reconnaissent à travers GX226. J’ai eu à habiller le grand artiste Jamaïcain Adja man et son groupe lors d’un concert à Paris. Depuis lors GX226 fait son petit bonhomme de chemin en Jamaïque.

Comment se comporte votre carrière en France?
En France, je ne vis pas seulement de la couture. Vous savez que Paris, c’est la capitale de la mode ; de grands stylistes y sont. C’est difficile pour nous en tant que créateur africain, il faut donc jongler entre la couture et autre chose pour pouvoir s’en sortir. Je suis fonctionnaire à la mairie de Paris et c’est les après-midi, je me consacre à la couture qui est ma passion.

Après la nuit du Faso danfani en France, tu viens de prendre part à danfani Fashion Week à Ouagadougou. Est-ce à dire que tu travailleras désormais qu’avec le danfani ?
Je suis le président de l’association des créateurs burkinabè de France, c’est nous qui avions organisé la nuit du Faso danfani à Paris. Cet évènement a été un grand succès. C’est eu égard à cette réussite que j’ai été invité à danfani Fashion week. Mais cela ne signifie pas pour autant que je suis focalisé sur le danfani seulement. Je travaille avec toute sorte de tissu excepté le cuir.

D’aucuns estiment que le danfani coûte cher et se dégrade vite. Que dis-tu par rapport à cette affirmation ?
Je ne suis pas d’accord quand on me dit que le Faso danfani coûte cher. C’est 3 pagnes à 10 000F CFA. Que diront-ils à ceux qui achètent le pagne Wax à 30 000FCFA qui, d’ailleurs est un produit importé. Ne dit-on pas de consommer burkinabè ? Mais je ne conteste pas le fait de dire que le Faso danfani se détériore vite. Nous sommes en train de former des tisseuses pour qu’elles améliorent leur façon de travailler afin de trouver une solution à cette insuffisance.

Le gouvernement de la Transition a décidé que le Faso danfani soit la tenue officielle du 8 mars. Quelle appréciation fais-tu de cette décision gouvernementale ?
C’est un sentiment de joie pour nous qui luttons pour la valorisation de ce pagne. Nous avons accueilli cette décision avec beaucoup d’enthousiasmes. Nous prions pour que la décision se traduise concrètement en acte.


L’élection présidentielle avance à grande vitesse. As-tu déjà ton candidat ?

Je suis apolitique et homme de culture. Le Burkina Faso appartient à tous ses fils. Que tu sois du CDP, de l’UPC, du MPP et autres, peu importe ton appartenance politique, ce qui incombe à tout un chacun, c’est de s’unir et de bâtir une nation forte, prospère où il fait bon vivre. Je prie Dieu pour que les élections se déroulent bien. Que le verdict des urnes soit accepté par tous.

Quels sont tes projets à court, à moyen et à long terme ?
Créer un centre de formation au profit des jeunes burkinabè ambitionnant se lancer dans la couture, c’est ce qui me tient à cœur. Je suis sollicité de part et d’autre. Je compte partager avec mes frères le minimum de savoir que j’ai. A travers mon association AVATA (Association pour la valorisation du textile africain), je vais organiser un évènement chaque année dans mon village dans le but d’apporter un soutien aux tisseuses.
Issa Karambiri

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