Forum mondial sur les sciences: Le Next Einstein Forum décline ses ambitions à Dakar

L’événement est considéré comme inédit en Afrique : la tenue d’un Forum scientifique mondial en terre africaine du 8 au 10 mars 2016. Il est prévu dans l’enceinte de l’ultra moderne Centre international de conférence Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, à une quarantaine de kilomètres de Dakar, en présence d’une quinzaine de prix Nobel en sciences. Surtout, ce Forum sera marqué par la distinction de quinze des meilleurs jeunes scientifiques répertoriés sur le continent.

Ces jeunes universitaires auront ainsi l’opportunité, outre la rencontre avec d’éminentes sommités scientifiques d’horizons divers, de présenter leurs découvertes et recherches à une dizaine de chefs d’Etat africains attendus dans la capitale sénégalaise. A leurs côtés, 54 jeunes ambassadeurs issus de tous les pays du continent seront intronisés pour porter le message que l’Afrique veut livrer aux Africains et au reste du monde.
« Le Next Einstein Forum (N.E.F.) vise trois objectifs majeurs : la création d’une plateforme dédiée à la communauté panafricaine des jeunes scientifiques ; l’émergence d’une communauté d’échanges autour des progrès et innovations techniques et la facilitation du brassage entre le milieu de la science, le secteur privé et le secteur public », a expliqué Thierry Zomahoun, Président directeur général de l’Institut africain pour les sciences mathématiques (AIMS).
Le NEF veut donner la priorité aux jeunes. Et c’est là un autre caractère distinctif du Forum de Dakar. « Sur les 500 invités triés sur le volet, il y aura 60% de jeunes de moins de 42 ans, tous imbus des sciences, des technologies et des innovations », se réjouit Zomahoun.
Les ambitions du Next Einstein Forum reposent sur des constats liés au retard de l’Afrique dans la quasi-totalité des domaines scientifiques. « La cartographie que nous avons établie montre que tous les événements scientifiques d’envergure mondiale ont lieu sur un axe Amérique du Nord (Usa et Canada) – Europe – Japon, et à un degré moindre en Asie du Sud-est », explique Thierry Zomahoun. Il faut ajouter à cela le fait que l’Afrique ne peut revendiquer que « 1% des contributions scientifiques mondiales » et ne consacre qu’une part insignifiante de ses investissements au secteur de la recherche et du développement (R&D).
C’est ce type de défi que le Next Einstein Forum veut donc relever à partir de la rencontre de Dakar, en comptant sur les opportunités et capacités intrinsèques du continent. « Il faut toujours avoir à l’esprit que 40% de la jeunesse mondiale sera africaine en 2050 », rappelle le Pdg de AIMS dont le siège est à Cape Town, en Afrique du Sud.
A trois mois du Forum, les préparatifs sont en bonne voie. Le dimanche 6 décembre 2015, s’est tenue au Radisson Blu de Dakar la 5e réunion du Comité de pilotage international, en présence des principaux soutiens du Next Einstein Forum dont la Fondation Robert Bosch d’Allemagne. Le Sénégal, à travers la Présidence de la République, est déjà très engagé dans le processus d’organisation du Forum grâce à une impulsion politique très forte que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du Sénégal coordonne étroitement.
L’Institut africain des sciences mathématiques est un réseau de centres d’excellence orientés vers la formation post-universitaire. Il dispose d’antennes fonctionnelles en Afrique du Sud, au Sénégal, au Ghana, au Cameroun et en Tanzanie, mais son objectif est d’arriver à 15 centres d’ici 2023. Les étudiants sont actuellement issus de 42 pays africains. Et, selon son PDG, « 70% des diplômés des centres choisissent de rester en Afrique ».

Momar DIENG
Correspondance particulière de Dakar

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *