Fonds international pour la diversité culturelle: Les bénéficiaires témoignent…

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a organisé un panel avec les bénéficiaires du Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC) dans la matinée du jeudi 28 février 2019, à la place de la Nation. Des bénéficiaires tels Ezaius Mkandawire du Malawi, Andry Ramarovelo de Madagascar, Rémi Atangana du Cameroun et Ousseynou Thiam du Sénégal  ont présenté leurs réalisations.

Andry Ramarovelo (Madagascar) : « le projet du FIDC a permis de mettre en place une nouvelle génération de cinéastes »

La production cinématographique a connu un essor important au cours des quinze dernières années. En tête de liste, le Nigeria qui, avec Nollywood, affiche une production annuelle de 2.000 films vidéos et un marché supérieur à trois cents millions d’euros. Dans les pays francophones, le Sénégal tire son épingle du jeu avec deux (02) Etalons d’or de Yennenga remportés par Alain Gomis en 2013 et en 2017. Pourtant, l’industrie cinématographique continue à faire face à des défis tels que la formation technique et professionnelle. Afin de garantir une production selon les standards du marché cinématographique, la Convention 2005, à travers le Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC) a soutenu quatre (04) projets visant le renforcement du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique en favorisant les politiques publiques adéquates et des actions sur le terrain pour promouvoir la production et la diffusion du cinéma africain. Ainsi, dans le cadre de la 26è édition du FESPACO, l’UNESCO, à travers son entité de la diversité des expressions culturelles, a organisé son premier débat, « Créer / 2030 », en Afrique avec pour thème « Action / L’UNESCO soutient le cinéma en Afrique ». Ce débat a réuni les représentants des quatre projets bénéficiaires du FIDC en vue de partager leurs réflexions.

Les bénéficiaires témoignent

Selon Rémi Atangana du Cameroun, le FIDC est un appui déterminant

Ezaius Mkandawire est un activiste culturel du Malawi. Il a dirigé le projet « Le cinéma comme stratégie de développement pour le Malawi ». Un projet qui avait pour objectif de faire l’état des lieux de l’industrie cinématographique du Malawi afin d’établir une stratégie pour le développement de cette industrie. Suite au projet, un Conseil national des Arts et du Patrimoine a été créé et une stratégie de développement et d’investissement pour le film (2015-2020) a été élaborée, ciblant les domaines prioritaires comme les cadres politiques et juridiques, le financement, l’éducation et la formation, la distribution, le genre et la coopération internationale. Ensuite, Andry Ramarovelo de Madagascar est producteur et directeur de l’association T-Movie. Son projet « Le cinéma comme moyen d’expression pour l’industrie du cinéma au Madagascar » permet de développer les métiers du cinéma auprès des jeunes et de leur offrir un cursus pédagogique dans la production de films. Pour lui, ce projet a permis de mettre en place une nouvelle génération de cinéastes. Le troisième à intervenir est Rémi Atangana du Cameroun. Président de l’Association pour la promotion de l’audiovisuel et du spectacle qui a mis en œuvre le projet « Banque de données : le cinéma comme engin de distribution au Cameroun et en Afrique », un projet a permis la création d’une base de données régionales de plus de 400 titres de films et productions audiovisuelles d’Afrique centrale afin de promouvoir leur distribution et leur commercialisation au Cameroun. Selon lui, c’est un appui déterminant parce qu’il permet aux structures de voir le jour. « Mais cet appui ne sera efficace que si les politiques publiques accompagnent les créateurs des œuvres », dit-il.

Ousseynou Thiam du Sénégal a en perspective de rendre les contenus accessibles un peu partout

Enfin, le dernier à témoigner est Ouseynou Thiam du Sénégal. Exploitant dans le cinéma itinérant, il dirige le projet « Mobicine Sénégal : lLe cinéma comme outil de promotion de la diversité culturelle au Sénégal ». Ce projet vise à favoriser l’accès au cinéma en créant de nouvelles unités mobiles de diffusion dans les régions du Sénégal. Depuis le début de ce projet, six (6) nouvelles unités de cellules mobiles de diffusion ont été créées à Saint-Louis, Matam, Kédougou, Ziguinchor, Kaolack et Thiès. Il a en perspective la démocratisation et la diffusion au Sénégal en particulier et en Afrique de manière générale. « C’est de faire en sorte de rendre accessibles nos contenus un peu partout ; donc l’idée est d’avoir une unité mobile dans chaque quartier du Sénégal à l’optique 2029 », souligna-t- il.

Roland Kaboré

rolandkabore89@yahoo.fr

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