Dr Koussao Somé, Chercheur à l’INERA Kamboinsé:«La patate douce à chair orange est le produit le plus naturel possible »

La patate douce est l’une des cultures la plus rentable au Burkina Faso. Elle mobilise une frange de la population dans plusieurs régions. Ce produit, très prisé, connait des évolutions au Burkina Faso grâce aux travaux d’une équipe de chercheurs de l’Institut de l’Environnement et de Recherches agricoles (INERA) qui amis au point plusieurs variétés de patate douce. L’une des figures emblématiques de cette recherche sur la patate douce est le docteur Koussao Somé. Invité de notre Rédaction, il dévoile les richesses énormes de la Patate douce à chair orange (PDCO). Lisez-donc !

 

Patate douce bonQui est Dr Somé ?
Je suis Dr Koussao Somé, connu aussi comme Paul André quoique ce nom ne soit pas aussi populaire. Je suis généticien, améliorateur des plantes. Mon focus, c’est les plantes à tubercules. Mais depuis un certain temps c’est la patate douce qui occupe mon temps. Je suis à l’INERA dans le programme Cultures Maraichère, Fruitières et Plantes à Tubercules, précisément à la station de Kamboinsé.

En quoi consiste votre travail de sélectionneur ?
La tâche de sélectionneur est, comme le journalisme, quelque chose de très passionnant quoique cela occupe beaucoup de temps. La sélection, c’est tout ce qui consiste à créer, à tester de nouvelles variétés. Dans la sélection, on exploite la diversité du germoplasme qu’on a assemblé. A l’intérieur, on a des variétés avec des points forts et des points faibles. La création variétale consiste à combiner par le biais des croisements les points forts de deux parents qui se retrouvent dans la descendance. Dans le cas précis de la patate douce on crée alors une famille de descendance au sein de laquelle des individus ont les caractères désirés.
En ce moment, comme on le dit en génétique, on connait les parents, on associe les parents et de là, on sort tout un ensemble de descendance et de groupe de descendants, on fait le criblage pour certaines maladies et ravageurs, on fait l’évaluation au champ en station et avec les producteurs dans différentes zones agroécologiques et on sort une variété .C’est une activité qui est assez passionnante.

Le constat est que le processus est long ?
Oui, le processus est long. Et c’est normal car ce ne sont des choses sur lesquelles il ne faut pas se précipiter. A la fin, il faut sortir un produit performant, adapté et stable. Si bien que le processus est long. Dans le temps, cela prenait une dizaine d’années. Actuellement, on a ce qu’on appelle la méthode accélérée de sélection qui fait qu’au bout de 4 ou 5 ans, on est capable de sortir une variété. Mais ce qui est sûr il faut franchir toutes les étapes scientifiques en passant du laboratoire, au champ. D’abord en station de recherche, mais aussi il faut impliquer les producteurs pour que toute variété qui sorte puisse satisfaire les producteurs, les consommateurs en termes d’attente par rapport à la productivité, à la résistance aux maladies, à la tolérance aux stress, aux coûts, aux goûts. Surtout quand il s’agit de la patate douce, même la forme devient très importante.

A propos, certaines formes font penser aux Organismes génétiquement modifiés (O.G.M). N’est-ce pas juste ?
Concernant la couleur orange de la patate douce, il y a des gens qui m’ont appelé pour savoir si ce ne sont pas des OGM. Je dis non. C’est le produit le plus naturel possible. Enfin de compte quand une variété sort, pour qu’elle soit acceptée, il ya tout un ensemble de voies, de tact par lesquels nous passons. Il faut que ce que nous sortons satisfasse les besoins, les attentes des utilisateurs finaux. C’est ainsi que le processus est organisé.
Vous êtes la cheville ouvrière d’un programme : « la patate douce à chair orange ». Qu’est-ce qu’une patate douce à chair orange ?
En termes de couleur de patate, on a une gamme de couleurs allant du blanc au crème, du jaune à l’orange. Dans l’orange, il y a en a de plus foncées que d’autres. On a même des patates à chair pourpre. Plus on évolue vers la patate colorée, plus on a la chance d’avoir des patates qui sont riches en produits qui sont bons pour la santé. Par exemple, les patates à chair orange sont connues pour leur richesse en provitamine A ou bêta carotène qui se convertit en vitamine A dans le corps une fois qu’on l’a consommée.
Tout le monde connait le problème d’avitaminose qui amène à ce qu’on distribue les capsules à des enfants de 0 à 5 ans. La patate douce à chair orange est un concentré de vitamine A et qui fait que même les grandes institutions qui œuvrent dans la santé, dans la nutrition, mettent des efforts dans ce sens. C’est riche en vitamine A, en antioxydants, en fer, en zinc et en iode. Ce qui fait la différence entre la blanche et la chair orange, c’est que tout ce que la blanche possède se trouve dans la chair orange. Mais la chair orange contient en plus la pro-vitamine A qu’on appelle la bêta carotène, des antioxydants, du zinc, de l’iode et du fer. Quant à la patate douce à chair pourpre, elle est riche en anti oxydants qui est un récupérateur, un éliminateur de stress dans le corps.

Dans quelles régions peut- on planter les différentes variétés de patate douce dont vous venez d’évoquer?
Quand on fait le point, sur les 13 régions, il y a au moins 7 régions dans lesquelles la production de la patate douce est vraiment significative. Mais on va se rendre compte que la région des Hauts-Bassins, précisément la province du Kénédougou fait, à elle seule, 45 à 50 % de la production nationale.
Ensuite, il ya la province de la Sissili. On a le Centre-Sud avec la zone de Tiébelé. La commune de Zio (Kombissiri) a perdu maintenant sa place de producteur de patate douce. Et ce sont les régions de l’Est et du Centre-Est qui sont en train de se relever. Parmi ces zones, il faut reconnaitre qu’il y a des zones qui sont anciennes comme Kénédougou, Tiébelé. La zone de l’Est est une nouvelle zone. Il y a des zones qui sont connues dans le passé comme de grandes productrices de patate donc qui sont entrain de régresser comme la région du Sud-Ouest. C’est la province du Bazèga par exemple. Mais si vous allez à l’Est, on voit de nouvelles zones se mettre en place. C’est la bande qui va de Gayeri, à Mani jusqu’à la zone du Centre-Nord comme Tougouri qui représente de nouvelles zones de productions de patates douces. Si vous allez là-bas, les variétés qui dominent sont des variétés à chair orange. Comme ce sont des nouvelles zones, on introduit facilement les nouvelles variétés. Il n’y a pas de connaissances anciennes en termes de patates. Voilà comment les choses se passent.

En station de recherche, comment se fait la création de variétés ?
C’est comme toutes les cultures quoique la patate douce ait ses particularités. Dans la recherche, il faut avoir la variabilité dans ce qu’on a. La variabilité, c’est tout ce que nous avons comme caractères disponibles dans différentes variétés pour parler en langage simple. Il faut qu’on puisse trouver ça dans tout ce que nous avons comme variété qui a un bon rendement mais qui a une faible capacité de résistance aux maladies. Donc, on va rechercher d’autres variétés qui n’ont pas de bon rendement mais qui résistent mieux aux maladies. C’est comme cela qu’on fait la sélection des parents. C’est une recherche qui permet d’accumuler les gênes d’intérêts. Il y a des moments où on est obligé d’introduire des variétés qu’on utilise comme parents des institutions comme le Centre international pour la pomme de terre (CIP) institution qui travaille aussi sur la patate depuis des décades. Il y a des cas des collègues d’autres pays avec qui on travaille. On peut demander certaines variétés pour introduire chez nous. Une fois qu’on a cette diversité de caractères disponibles, on cherche maintenant à les rassembler dans une variété. Et généralement, on plante les variétés et on attend que l’organe sexuel, la fleur donne. Pour la patate douce, le climat joue beaucoup sur la floraison. C’est à partir de novembre que nous avons la floraison. De novembre jusqu’en février ; on fait les croisements. Les croisements sont très difficiles du fait que c’est une plante (ndlr la patate) hétérozygote et hexaploïde. Compte tenu de son hétérozygotie, quand on croise à la fin, vous allez souffrir mais une graine que vous gagnez est une variété potentielle. C’est comme cela nous procédons. On génère les graines, nous vous avons présenté hier (ndlr : l’équipe de reportage a visité les différentes serres à Kamboinsé le mardi 20 juin 2017 pour comprendre le processus de création variétale de la patate douce, avant la présente interview réalisée le lendemain 21 juin) et une fois qu’on a les graines, on les sème. En général on sème plus de mille graines à la fois sous serre ; les plantules qui sont issues de ces graines font subir la sélection naturelle et donc une partie mourra. Par la suite l’on procède à une multiplication de boutures pour les évaluations au champ en station de recherche. Les évaluations en station de recherche permettent de réduire le nombre pour ne retenir que 10%. C’est ensuite qu’on implique les producteurs dans l’évaluation. Par rapport à l’ancienne méthode de sélection l’implication précoce des producteurs permet de réduire le cycle de sélection de10 ans à 4-5ans. Ayant été impliqué très tôt, ils facilitent souvent le choix des variétés dont ils ont besoin. Et puis, une fois qu’on identifie le bon matériel, il faut s’assurer que c’est adapté à toutes les régions. On va les planter à Bobo, à Fada, à Pô, etc., dans les différentes zones agro-écologiques pour qu’on puisse mesurer l’adaptabilité. Après, quand les variétés sont prêtes, on les recommande pour des zones. Pour la rendre beaucoup plus disponible, vulgarisable, il faut homologuer la variété, c’est la dernière étape. Quand une variété est homologuée, on peut la vulgariser, on peut même l’exporter dans d’autres pays où elles trouveront quelques qualités. C’est donc un processus qui est la même chose que pour le maïs, que pour le sorgho, mais avec la spécificité qui est que des croisements sont compliqués mais en fait quand on gagne une graine, c’est une variété potentielle. Ce qui est intéressant une fois que vous avez des variétés dans les premières étapes de sélection, il y a pas mal d’étapes qui sont éliminées. Il suffit de maintenir et à la fin, il faut même avant de passer à la phase grande vulgarisation, un processus d’assainissement pour éviter l’accumulation des maladies

Il ya deux types de serres. Dites-nous en un peu plus ?
Exactement. Je vois que vous maitrisez déjà la chose. Effectivement, dans le processus à un moment donné, quand on sort du nouveau, il faut s’assurer que tout ce qu’il y a comme adversité, ces variétés peuvent tenir. C’est pourquoi, on les soumet à la pression des maladies à une serre où on dépose du tout, des plantes malades, des plantes en bonne santé et à partir de ce moment, on peut savoir quelles sont les variétés qui ont beaucoup de chance d’être prisées par les paysans et quelles sont celles qui dès les premiers moments ne vont rien donner. Les premières serres sont des serres de criblage pour les maladies. Une fois qu’on a fini et qu’on a évolué, on est même allé chez le paysan, on a connu la variété. On revient et on envoie les variétés qui sont retenues par le producteur en laboratoire de culture in vitro pour éliminer les maladies même si elles n’existent pas. C’est en ce moment qu’on commence des boutures aux producteurs. C’est un travail de précaution. Même quand une variété semble être bonne, il faut la vérifier en faisant de la virologie parce que ce sont des maladies virales qui sont les plus compliquées. Et une fois que cela est fait, on passe à la multiplication des boutures pour les producteurs. Donc, la deuxième serre à la multiplication de boutures de pré-base de patate douce.

Quelles sont les principales maladies qui attaquent la patate ?
Les attaques majeures de la patate douce sont dues aux maladies et aux ravageurs. Et là encore, il n’y a en pas beaucoup. Mais le peu qui existe peut être à l’origine de l’abandon de la culture de la patate dans certaines zones. Si je prends le cas des maladies virales, c’est un complexe. C’est plusieurs virus qui se mettent ensemble et qui créent la maladie. Quand ils sont présents isolement, il n’y a pas de maladies ou la maladie est mineure. Mais quand ils se mettent, cela devient difficile. C’est pourquoi la précaution, c’est de pouvoir assainir. Assainir, c’est créer les conditions d’élimination des souches virales avant de passer à la phase de multiplication. L’autre danger, c’est un insecte, le charançon de la patate douce. Quand vous allez dans la zone d’Orodara, il y a des zones où des gens ont totalement abandonné la culture de la patate douce. Dans certaines zones, ils ont dit que rien qu’à cause du charançon, ils peuvent abandonner la production de la patate. Quand l’œuf du charançon reste au sol, 4 ans après, vous le retrouverez. C’est pourquoi dans les précautions de culture ; la rotation est très importante. Pour m’en tenir à la question, il y a deux grands problèmes liés à la production de la patate douce : le charançon de la patate douce qui attaque les tiges et les tubercules mais aussi les virus de la patate douce qui jouent sur la qualité des boutures et la vigueur qui jouent sur le rendement de 25 à 90 voire 100% de perte de rendement. C’est pour cela, il est très important de s’assurer de la qualité de la bouture avant de la diffuser sinon on se met aussi à diffuser les maladies.

Vos variétés sont-elles accessibles au public ?
Oui je crois que les variétés que nous avons mises au point sont partout. Nous avons mis en place un système semencier qui commence par la multiplication à la station de Kamboinsé. Mais c’est une bouture que des gens retiennent. Ce n’est pas comme le maïs. Les gens ne reviennent que quand ils constatent des maladies. C’est un avantage comme ça peut être inconvénient surtout pour le système. Puisque c’est bon, ce n’est pas malade et ça produit bien.
Il est propre, mais quand la variété est sensible et que nous avons la possibilité de toujours assainir, c’est bon pour un système semencier, mais ce n’est pas bon pour un producteur.
Puisque là, l’habitude des paysans depuis nos grands-parents, c’est de sauvegarder des boutures pour la campagne prochaine. Sinon les variétés qui sont là sont disponibles, il y a des ONG qui sont même impliquées dans leur diffusion pour rendre ça accessible. Il y a de gens qui sont formés à la multiplication des boutures et depuis un certain temps on a même formé des inspecteurs des semences pour qu’ils puissent eux aussi s’assurer de la qualité des boutures qui sont multipliées parce que si la qualité est mauvaise, vous allez vous rendre compte que la maladie va être diffusée partout et ça va se ressentir sur la production.

Mais est-ce qu’il y a des paysans modèles dans la production de la patate douce à chair orange ?
Alors là, c’est une question intéressante. Vous savez les gens font de la production de la patate douce une culture de rente, premièrement avant de jouer un rôle important dans l’agriculture alimentaire. Les producteurs s’en méfiaient au début ; leur marché est connu avec la chair blanche. Est-ce que si on commence avec ça, on va s’en sortir ? Je dis mais nous on est là pour vous accompagner et vous dire exactement ce que c’est. Si les gens savent la différence qu’il y a entre la chair orange et la chair blanche, on va pratiquement réclamer la première. La preuve est qu’actuellement les gens courent dans les marchés et elles n’en trouvent pas et quand ça (ndlr la patate à chair orange) sort, le prix est très exorbitant et comme vous parlez de producteur moderne si vous allez à Léo, on a commencé, 2 ou 4 ans avec les producteurs de cette localité. Si vous allez aujourd’hui vous trouverez des producteurs modernes qui produisent et qui ne font plus de bruit parce que le marché existe maintenant.
Vous allez dans la zone d’Orodara, c’est encore plus concret. On a deux producteurs, si vous y allez, ils vont vous émerveiller. Ils produisent 5, 6 à 7 hectares de patate douce à chair orange qu’ils vendent directement avant même que ça ne soit récolté et transporté à Bobo. Il y a des femmes même qui payent par Orange money et qui gèrent le marché et décident quand il faut récolter pour éviter que le prix ne soit trop bas. C’est finalement les femmes qui tirent plus de profit. Actuellement, il y a un marché qui existe. Les producteurs ont finalement compris que ce produit est différent des autres. Pour vous donner un exemple de la campagne passée, le sac de la patate à chair blanche était vendu à 1500 francs dans la zone de Bobo, tandis que le même sac de la patate douce à chair orange était vendu à 4500 francs, soit trois fois plus cher parce que les gens ont compris la valeur, parce que nous avons organisé des sessions de promotion et on a distribué pas mal de documents qui prouvaient la valeur de la patate. Donc très rapidement, les gens ont compris que dans ça (ndlr la patate douce à chair orange), il ya quelque chose et les transformatrices sont entrées dans la danse. Il y a toute une chaîne de valeur qui est actuellement mise en place, quoique la production reste à être augmentée. En deux ou trois ans, l’augmentation était rapide, mais il reste encore à satisfaire la demande grandissante. Si vous allez dans la zone d’Orodara, l’autre problème est qu’il y a une bonne partie qui rentre au Mali où le prix est beaucoup plus élevé qu’au Burkina. Ils produisent et les Maliens sont là avec les gros camions et nous (ndlr les Burkinabè), on se dispute le peu sur les marchés.
Vous avez parlez de la qualité nutritive de la patate douce à chair orange. Cependant, on voit qu’il y a des enfants qui ont des problèmes de vitamine A.

Pourquoi ne pas travailler avec les services de santé, eu égard à la grande valeur nutritive de la patate douce ?
Alors, je vais juste ajouter que, pour insister sur la qualité de la patate, que ça pourrait facilement intégrer les politiques pour faire économiser les capsules qui sont distribuées chaque année aux enfants. On sait que ce sont des milliards qui sont mis dedans. Quand vous prenez une patate douce à chair orange, 100 g que vous lui donnez à un enfant par jour suffisent pour couvrir ses besoins en vitamine A par jour. C’est connu et documenté. Actuellement, nous sommes en train de travailler avec deux ONG qui sont reconnues dans ce domaine-là. Ces ONG luttent beaucoup contre la malnutrition. C’est pourquoi d’ailleurs nous sommes en train de couvrir la zone de l’Est. Pour supporter ce que nous sommes en train de dire, il y a un étudiant en Master qui a travaillé avec le professeur Jacques Simporé sur la récupération des enfants malnutris de Ouagadougou, en utilisant une de nos variétés. Après trois mois de tests, les résultats ont été concluants et un mémoire a été soutenu dans ce sens. Comparez aux produits que l’on utilise pour récupérer les enfants malnutris, vous allez voir la différence des résultats qui montrent que ce n’est pas pour rien que la fondation Bill Gate finance à hauteur de milliards pour promouvoir comme ils le disent la patate douce à chair orange. C’est un « alicament », c’est-à-dire un aliment qu’on mange juste pour se remplir le ventre, mais en même temps ça arrive à corriger certains faiblesses jusqu’à la mauvaise vision c’est ça le rôle de la vitamine A. On insiste pour dire que c’est pour les femmes enceintes ou en âge de procréer et les enfants, même pour les adultes. La vitamine A peut contribuer à corriger préventivement les problèmes de vision crépusculaire. On a pas mal de preuves et les gens de la santé sont impliqués. Lors de nos rencontres, on associe toujours la Direction nationale de la nutrition. Il en est de même en ce qui concerne le ministère de l’Agriculture et le ministère de la Santé ; quelquefois, l’UNICEF est aussi présent. Il n’y a pas mal d’ONG nationales et internationales qu’on invite et qui répercutent l’information auprès de leurs services.

Un message… ?
Je dirai d’abord la meilleure façon d’avoir la patate douce, c’est de la cultiver. Nous avons homologué cinq variétés. On est sur le point d’homologuer encore cinq autres. Les boutures de qualités de ces variétés existent en station et sont en production avec NAFASO, qui est connue comme compagnie semencière. Donc ces variétés existent ; si on est intéressé et qu’on veut produire, on peut disposer de ces variétés.
Il reste maintenant que la presse, que vous êtes, doit répercuter ces travaux de recherches parce qu’on reproche toujours aux chercheurs de garder secret les résultats des recherches. Nous avons commencé à en parler, alors je pense que par le biais de ce que nous sommes en train de dire, le grand public saura qu’il y a des choses simples qui pourront faire économiser de l’argent à l’Etat. Il suffit de produire en quantité. Les enfants en mangent et on n’aura pas besoin d’importer ou d’acheter des capsules à coût de milliards pour venir distribuer. En Afrique de l’Est, on l’a essayé et je crois que c’est une leçon qu’on devrait tirer de ce qu’il y a. Actuellement, nous sommes les pionniers en Afrique de l’Ouest, il faut que je précise cela. Nos variétés sont allées au Mali, au Sénégal au Ghana, même nos collègues du Nigéria prennent nos variétés, ça veut dire que nous avons une richesse énorme ici. Peut-être que nous l’avons pas encore exploité comme on aurait voulu. Je vous dis merci pour l’opportunité que vous m’avez donnée de pouvoir présenter ces travaux de recherches et ces produits qui sont disponibles. Des produits qui pourront faire le bonheur de nos enfants, des femmes enceintes et de nous tous. Je voudrai ici remercier de vive voix AGRA et CIP pour leur soutien financier et technique dans la création variétale et dans la promotion de la patate douce à chair orange (PDCO).

Par Cyr Payim Ouédraogo
Idriss Koudouss Ouédraogo

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