Dans nos orphelinats: 3490 pensionnaires en 2014

Le phénomène d’abandon d’enfants est de plus en plus fréquent au Burkina Faso. Il ne se passe pas un seul mois sans qu’un enfant soit placé dans un Centre d’Accueil ou d’Education Spécialisée et de Formation. Selon la Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant, est enfant  tout être humain âgé de moins de 18 ans.  En situation de vulnérabilité, il est exposé à des risques sur les plans alimentaire, sanitaire, éducatif, moral, psychosocial, matériel, juridique, logement… et nécessite une protection sociale spéciale ponctuelle ou permanente. D’où l’importance du placement institutionnel dans la prise en charge de cette frange de la société.

En 2006, sur une population estimée à 14 017 262 habitants, plus de 6 969 953 personnes étaient âgées de moins de 15 ans. Le nombre d’enfants ayant moins de 5 ans avoisinait 2 436 913 soit 17,4% des burkinabè résidents. Les statistiques du Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale indiquent que dans ce même temps, près de 3115 enfants ont été placés dans des orphelinats. En 2007, leur nombre est passé à 3426 et à 3814 en 2010. L’année 2014 verra environ 3490 enfants placés dans les CAED.

Visiblement, le nombre d’enfants placés en institution s’accroît ; pas plus que la floraison des centres d’accueil, surtout ceux de la petite enfance. La première institution dénommée « Home Kisito » date de 1931. Jusqu’en 1960, il n’existait que 2 orphelinats, tous basés à Ouagadougou. Ils recevaient des enfants abandonnés ou orphelins de mère à la naissance et pourvoyaient à leurs besoins jusqu’à l’âge de deux ans pour les remettre à leur familles après sevrage. Depuis lors, plusieurs autres structures ont vu le jour. Les chiffres officiels font état de 35 orphelinats et pouponnières en 2006. 39 en 2007, puis 71 en 2008 soit une augmentation de 102,86% entre 2006 et 2008.

Dénommés « Centres d’Accueil des Enfants en Détresse » (CAED) depuis 2010, les institutions de placements d’enfants sont soit constitués de pouponnières accueillant en internat, sans distinction de race, de sexe, d’ethnie, de religion ou d’origine sociale, des enfants en difficultés de 0 à 3 ans ou de foyers d’enfants en détresse âgés de 3 à 18 ans. Certaines structures dites mixtes regroupent les deux à la fois. Les CAED reçoivent les enfants dont les pères et mères sont inconnus, des enfants déclarés abandonnés, des enfants dont les facultés mentales et/ou corporelles des père et mère sont altérées par une maladie ou une infirmité, des enfants orphelins de mère et/ou de père, des enfants dont les père et mère sont déchus de l’autorité parentale…

D’autres types d’enfants vulnérables dont l’âge est compris entre 12 et 21 ans sont placés dans l’un des trois Centres d’Education Spécialisés et de Formations (CESF) du pays. Souvent en conflit avec la loi, ces jeunes gens y trouvent y trouvent refuge apprennent des métiers. En 2014, la Maison de l’Enfance André Dupont de Orodara a reçu 98 pensionnaires, tandis que Beog Koamba de Kaya totalisait un effectif de 36 enfants selon sa capacité d’accueil. Le CESF de Gampela en a accueilli 113 la même année.

Les centres de placements institutionnels sont soit étatiques, privés laïques ou religieux. Ils jouent un rôle important dans la protection des enfants en difficultés, surtout ceux privés de famille. D’où la nécessité de se pencher sur leur fonctionnement.

Au-delà d’un temps de visite, d’une donation, d’un mécénat ou d’un reportage, il est essentiel que l’on leur accorde plus d’attention car ils ont en charge l’éducation, l’instruction, la préservation physique et morale et partant, la remise en état de leurs hôtes. L’objectif sera donc, dans cette rubrique de faire prendre conscience des conditions de prise ne charge des enfants vivant dans ces structures et de contribuer à leur amélioration.

Olgah Traoré

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