Culture du coton Bt: Fin du feuilleton?

Depuis que la fibre de coton pose problème, occasionnant au passage, dit-on, des pertes aux sociétés productrices ainsi que la dernière publication à polémique sur un déclenchement du processus d’arrêt de la culture du coton Bt au Burkina Faso, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Cela a contribué à réveiller activistes et autres acteurs qui voient les cultures transgéniques dans notre pays comme un danger, un crime, un monstre à abattre à tout prix, oubliant même que des milliers, voire des millions de leurs compatriotes vivent directement ou indirectement de l’or blanc. Cette histoire de fibre a créé à coup sûr des divisions à tous les niveaux : sociétés cotonnières, Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB), population, experts, médias, etc. Les réactions acerbes sur les réseaux sociaux témoignent de la détermination de plusieurs intervenants de venir à bout de la technologie Bt au Burkina avec, en ligne de mire, la firme américaine Monsanto. Le mois de mars semble être celui de tous les combats (notamment dans les coulisses) avec un ballet de rencontres à huis clos. Depuis l’échec de la réunion de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) au cours de laquelle l’objectif était de faire « zéro coton Bt » lors de la prochaine campagne, les yeux étaient désormais rivés sur l’Exécutif pour le verdict final. Et la décision est sans appel, le Burkina Faso continuera à faire du coton Bollgard II tout en cherchant une solution technique au problème de la longueur de la fibre. Il est ressorti que notre pays disposerait de compétences nécessaires pour régler ce qui constitue la pomme de discorde entre Monsanto et ses partenaires. A ce propos, une réunion sur la question s’est même tenue le vendredi 11 mars 2016 à 9 heures à l’immeuble abritant le secrétariat d’Etat de la Recherche scientifique et de l’Innovation (ex-MRSI).
ISC salue cette sage décision de l’autorité qui va préserver la sérénité au sein du monde agricole, en attendant de vider complètement ce dossier important et sensible. Avec les pressions énormes des différents protagonistes, ce n’est pas évident d’avoir suffisamment de recul pour prendre des décisions courageuses de ce genre. Nous savons de quoi nous parlons, car notre journal en a fait les frais pour avoir pris position dans ses précédents éditoriaux contre l’arrêt brutal d’une technologie dont on n’a même pas de bilan. Quelques petits esprits en panne d’inspiration ont vite fait de croire que ce bimensuel, premier du genre dans le domaine scientifique dans la sous-région, et même au-delà, était une simple caisse de résonnance de la firme Monsanto. Pis, que ce jeune média très ambitieux et volontaire est financé par la firme américaine.
C’est vraiment malheureux que l’Afrique continue de ne pas croire en la prouesse de ses fils, ne voyant à l’indépendance et à la liberté d’esprit que des pensées ou des visées alimentaires. Que les honnêtes citoyens se rassurent, nous exécuterons toujours un travail professionnel sans faire de courbette car la noblesse est aussi dans le journalisme et dans la plume!
Cyr Payim Ouédraogo

Bt’s Cotton growing: The end of the suspense?

Since the cotton’s fiber has been enduring difficulties, which by the way, cost huge lost to producers, as well as the polemic around the cultivation’s abandon in Burkina Faso, time has passed. This helped to revive activists and people who think this transgenic cultivation is a danger, a monster which must be killed in the country. They forgot that thousand, millions of their compatriot live thanks to this farming. The fiber’s question have been created a lot of debate at numerous levels ; societies which produce cotton, the national cotton’s producers union in Burkina (UNPCB), the population, expert, press… Violent reaction on social network shows how much some militant can do to destroy Bt cotton in Burkina, and particularly the American firm Monsanto. March seems to be the month of every fight with a lot meeting behind closed door. Since the failure of the Inter-professional of cotton in Burkina Association (AICB) to agree on the end of Bt cotton. The executive has to choose now. And it clearly seems that Bodgard Cotton should continue to be farming in Burkina Faso, while we try to solve the fiber’s problem. The Burkina can solve this problem by itself according to the search team. By the way a meeting happened March the 11th 2016 at 9 at the secretary of Scientific Research and Innovation. ISC respect this wise decision which will preserve the agricultural economy. Indeed with a lot of pressure, it’s not easy to take decision like this. And we know what we are talking about, our paper have been taking position against the agriculture of Bt Cotton’s ending. Therefore, people thought our paper, first of its kind in the area, was fund by the Monsanto firm. But honest citizen, don’t have to be concerned, we are doing our job with professionalism, with all our liberty.
Cyr Payim Ouédraogo

Traduction: Simon Vermot Desroches

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