Coton Bt: Quelle thérapie pour redonner confiance?

Depuis un moment la toile et les réseaux sociaux sont inondés d’un document qui crée ou relance la polémique sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), notamment celui du coton Bollgard II ou encore coton Bt. De quoi s’agit-il? Selon des enseignants de l’université de San Francisco et celle de Dalhousie aux Etats-Unis, l’or blanc transgénique burkinabè serait dans une mauvaise impasse, au point de déclencher un processus d’arrêt sinon d’abandon d’ici 2018. Raison invoquée: un problème au niveau de la longueur de la fibre de la variété Bt du Pays des hommes intègres qui occasionnerait des pertes énormes au niveau du marché international par les sociétés cotonnières du Faso qui est à l’heure actuelle le premier producteur africain avec 700 000 tonnes.
Et ces dernières réclameraient des compensations à l’endroit de la firme Monsanto de l’ordre de 30 milliards de FCFA. Si les préoccupations des sociétés sont légitimes, l’essentiel, voire l’urgence, est de travailler rapidement pour que la filière ne sombre pas. Dans les années 90, c’était les ravageurs qui résistaient et qui dictaient leur loi ; ce qui a d’ailleurs ouvert la porte du Burkina à Monsanto. Si ce problème relève du passé, ce n’est pas une question de qualité, de poids de la fibre qui sonnera le glas du coton burkinabè. Il appartient à l’ensemble des acteurs, avec l’arbitrage de l’Exécutif, d’œuvrer pour un retour de l’accalmie avec des solutions idoines plutôt que de livrer à des batailles rangées. La question ne doit plus être « doit-on abandonner le coton Bt ou pas ? », mais plutôt comment optimiser les acquis pour donner plus de satisfaction aux vaillants producteurs. Le coton conventionnel est cultivé au Burkina Faso depuis 1924 et celui transgénique seulement depuis 2009. 350 000 exploitations sont concernées et plus de 3 millions de Burkinabè tirent leur pain quotidien de là. Alors ne gâchons pas tout au risque de rendre notre pays très instable ! C’est une question primordiale, voire vitale !
Cyr Payim Ouédraogo

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