Coton Bt au Burkina Faso: Faut-il craindre le pire ?

Dans notre précédente édition, celle n°10 du 15 février 2016, nous titrions dans notre éditorial « Arrêt du coton Bt au Burkina : Plutôt une réduction ! ». La situation à l’heure actuelle du coton transgénique est plus qu’inquiétante comme nous le redoutions. En effet, le mardi 23 février 2016, une réunion de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) s’est tenue pour se prononcer sur la question de savoir si notre pays devait poursuivre l’aventure avec le coton transgénique ou simplement signer son arrêt de mort. Ce qui résonnera à la face du monde comme un échec cuisant des biotechnologies au Burkina Faso. Le Pays des hommes intègres, applaudi hier comme un des rares pays à la pointe de la technologie Bt, sera désormais pointé du doigt comme un mauvais exemple. Mais que s’est-il passé pour qu’on en arrive à cette situation délétère, inflammable et pratiquement explosive quand on sait que la réunion de l’AICB aurait accouché d’une souris, les participants s’en remettant désormais à l’Exécutif pour trancher?
Les débats autour de la longueur de la fibre du coton Bt qui causerait d’énormes pertes à nos sociétés cotonnières cristallisent aujourd’hui la tension entre les partenaires d’hier, Et si nos sociétés et la firme Monsanto gagneraient donc à trouver une réponse concertée adéquate au problème de la fibre que de se livrer à une querelle inutile et inopportune en pleine tempête. Dans cette histoire, chaque acteur doit assumer sa part de responsabilité ; car si on célébrait le requiem de la technologie ici au Faso, c’est la filière que l’on risque d’enterrer. L’élément diffusé par la Télévision nationale (RTB), avec des interviews de producteurs de coton le mardi, jour de la rencontre de l’AICB, protestant vigoureusement contre l’arrêt de l’or blanc transgénique, est révélateur d’une sérieuse division au sein de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) dont la tête est déjà souffrante. Et cela est aussi valable pour les autres organisations et structures étatiques.
A l’étape actuelle des choses, il serait judicieux, et nous pesons bien nos mots, -tout en assumant-, de travailler à équilibrer les cultures conventionnelles et transgéniques de manière à éviter des violences, des frustrations de part et de d’autre, pour que la stabilité de notre pays ne soit pas une fois éprouvée. Des interrogations méritent d’être posées : Que cache réellement le désir de certains d’en venir à bout du coton Bt ? Est-ce que des enjeux personnels, économiques, financiers ne justifient-ils pas une certaine récupération de la mauvaise santé de la fibre burkinabè? Et qui peut nous assurer que les Européens, qui sont en train d’expérimenter la biotechnologie moderne au Cameroun, ne viendront pas occuper le terrain, après le départ de la firme américaine Monsanto si celle-ci venait à être boutée hors du Burkina Faso? Ce qui est sûr, il faut une prise de décision responsable qui permette des arrangements avantageux pour tous plutôt que de remettre en question les nombreux acquis de notre pays en matière de biotechnologie moderne. Vivement donc une issue heureuse à cette affaire !
Cyr Payim Ouédraogo

Bt Cotton in Burkina Faso: Should we fear the worst?

In the previous edition, number 10, of the February 15th, the editorial was called “Bt Cotton’ stopping in Burkina: More a reduction”. The current cotton transgenic ‘situation is very stressing. Indeed February 23rd 2016, a meeting happened with the professional of Burkinabe’s cotton association (AICB) to answer to the question “does Burkina should continue the farming of transgenic cotton”. But it seems like a big failure of biotechnologies in Burkina Faso. Considered as country at the top yesterday, he could be pointed as bad example tomorrow. Therefore, what happened to get this explosive situation? Now that’s the government who has to decide if yes or not the farming of transgenic cotton can keeping on.
The debate around fiber’s cotton’s length causes heavy lost for the cotton’s company and creates tension with old partner. The company Monsanto and the society should agree on a program rather than fight over who is responsible of what. In this story everyone have to take on his responsibilities. Because, it feel like we are going to destroy all this technology which were so promising. The documentary seen on national television (RTB), showing producers protesting against farming stoppage, reveled serious fracture between the members of the national cotton’s producers of Burkina union (UNPCB). And this happened in all this kind of organization. Now it seems essential to balance conventional and transgenic culture to avoid violence, and frustration, to keep stability in our country. What people who want to stop transgenic cotton really expect? If Monsanto leave the country, does any European country would like to take its place? We have to take a responsible decision. We need a fair verdict for everyone rather than destroy years of technology research. So we are hoping for a happy ending!

Cyr Payim Ouédraogo
Traduction: Simon Vermot Desroches

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