Cérémonie d’hommage aux martyrs: Une bouffée d’oxygène aux familles des disparus et aux blessés!

Le 31 octobre 2015, le peuple burkinabè a commémoré la première journée nationale d’hommage aux martyrs de l’insurrection et de la résistance populaire à la place du monument des héros nationaux à Ouaga 2000. C’est en vue de rendre hommage aux martyrs de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 et ceux du putsch du 16 septembre 2015 que cette cérémonie a été organisée.

Pour commencer, une minute de silence a été observée en la mémoire des disparus. Suite à cela, des allocutions à fortes charges d’émotion ont été entendues. C’est avec un cœur plein de d’amertume que Dramane Ouédraogo, président de l’Association des blessés de l’insurrection populaire (ABIP) et du coup d’Etat du 16 septembre 2015 a plaidé le sort des blessés laissés à eux mêmes « en tant que représentant de l’ABIP, je puis vous dire que les blessés n’ont rien reçu des dons. Je le dis pour décrédibiliser l’institution transitionnelle. Non ! Je le dis pour que la vérité soit connue par tous ceux qui ont de la compassion pour toutes les femmes, les enfants et les hommes qui souffrent dans leur cœur, dans leur âme ». a-t-il déclaré. Tout comme le représentant de l’ABIP, Abass Ilboudo, une des victimes se déplaçant à l’aide des béquilles, venu pour la même circonstance, lance un cri du cœur à l’endroit des autorités : «Nous demandons aux autorités de nous prendre en charge car c’est grâce à nous qu’ils sont aujourd’hui au gouvernement. Nos grands-frères, nos petit-frères et nos grandes-sœurs sont morts. Cela pouvait nous arriver aussi. Mais comme nous sommes toujours vivants, il est indispensable que nous nous unissons pour la paix». Morts prématurément et laissant derrière eux des orphelins, veuves, du vide dans leurs familles inconsolables, justice doit leur être rendue afin que ces regrettés reposent en paix et que le cœur de leurs familles alourdi par la douleur s’apaise, c’est du moins ce qu’a confié, le représentant des parents des personnes décédées lors de l’insurrection populaire et du coup d’Etat du 16 septembre 2015 , Babou Neban Bamouni « Nous attendons la justice la vraie où le droit de la victime est respecté, nous attendons la justice la vraie où le droit de l’accusé est respecté. Lors de l’inhumation des martyrs du putsch du 16 septembre 2015 nos larmes qui inondaient les cercueils au contact du parfum de la liberté étaient l’expression de notre ferme attachement à la justice et à la lumière. Dans ce sens les familles victimes du coup d’Etat ont pris la résolution de se constituer partie civile au près du tribunal militaire qui conduit l’instruction ». Cependant, Michel Kafando, président de la Transition au nom du gouvernement reconnaissant la douleur et les tourments qui affectent ces victimes et les familles des victimes, a pris l’engagement de satisfaire les doléances des victimes et familles des martyrs. « Je réaffirme l’engagement du gouvernement à accompagner les victimes de l’insurrection populaire et du coup d’Etat ainsi que les blessés. Cet accompagnement est même déjà arrêté par une décision règlementaire. Nous poursuivons toutes les actions en ce qui concernent les poursuites pénales mais chacun comprendra des difficultés procédurales qui peuvent occasionner des lenteurs dans l’avancement des dossiers de cette nature. C’est au regard de ces difficultés que le gouvernement a décidé de mettre en place une commission d’enquête indépendante dont la composition pluridisciplinaire et l’expertise de ses membres devrait permettre de compléter le travail de la justice ». a-t-il déclaré. Il a par ailleurs décrété le 31 octobre, Journée nationale des martyrs, qui « sera commémorée chaque année en souvenir des batailles menées et des victoires remportées par le peuple burkinabè. Elle symbolisera notre refus à la soumission, à l’oppression et à la servitude. Elle sera à jamais le référentiel et le déterminant de cette partie de notre histoire ».
Autre fait marquant du cérémonial : l’appel par ordre alphabétique des noms des martyrs par le Premier ministre, chef du gouvernement, sous fond de musique de la fanfare de la Gendarmerie nationale avec le slogan suivant : « Mort pour la patrie ». Ensuite, pour signifier la reconnaissance du peuple burkinabè aux quarante-deux (42) personnes tombées lors de l’insurrection des 30 et 31 octobre et du putsch du 16 septembre, une décoration à titre posthume au rang de chevalier de l’Ordre national a été faite à leur endroit. Cette cérémonie a pris fin par l’inauguration de la stèle par le président de la Transition.
Sougrinoma Guigma

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