Caravane de lutte contre la piraterie: Le dernier assaut à Koupéla!

La caravane de lutte contre la piraterie a bouclé son périple à Koupèla le samedi 19 décembre 2015. C’était en tandem avec la journée nationale de lutte contre la piraterie et elle était placée sous le parrainage du ministre de la Culture, Jean Claude Dioma.

La piraterie est un fléau qui gangrène les œuvres littéraires et artistiques burkinabè. Ainsi, ce fléau, qui est la contrefaçon à large échelle, est une grave menace pour les créations tant artistiques que littéraires qui comptent près de 5000 auteurs et plus de 2500 interprètes et dont les activités génèrent des milliers d’emplois indirects. Le phénomène a profité des facilités technologiques pour se développer de façon inquiétante. Conscient de son ampleur, le gouvernement a mis en place le Comité national de lutte contre la piraterie des oeuvres littéraires et artistiques (CNLPOLA) en juin 2001. Celui-ci est chargé d’informer et de sensibiliser le public sur le respect de la législation en matière littéraire et artistique. C’est dans ce cadre que cette caravane et la journée de lutte contre la piraterie ont été organisées.
La caravane d’artistes qui a démarré à Tenkodogo le 17 décembre et qui a traversé Bitou le 18 décembre a, enfin, déposé ses valises musicales à Koupèla pour dire « Stop à la piraterie ! ». Cette ville est l’une de la région Centre-Ouest où « la piraterie est intense à cause de l’affluence du matériel audiovisuel. Laquelle est due également à sa proximité avec le Togo, le Bénin et le Ghana » ; donc « la caravane est la bienvenue », selon le préfet Zanfara Mama/Traoré
Sensibilisation et informations sur les conséquences néfastes de la piraterie ont été les moyens de lutte utilisés. « Cette tournée a pour objectif général d’informer et de sensibiliser tous les acteurs économiques sur les conséquences désastreuses de la piraterie sur les plans socioéconomique et culturel », a confié le président la CNLPOLA, Serges Alain Ouédraogo. C’est sur la place de la gare que la caravane a mené sa lutte. De nombreux artistes dont Don Sharp, Rama, Bamos Théo, King Silga, Daizy Franck, Bonbass, la Troupe Warba de Kouritenga, K Djoba, Solo Dja Kabaco se sont succédé sur le podium pour attirer l’attention du public sur les conséquences néfastes de ce fléau. Solo Dja Kabaco, à l’instar des autres artistes touchés par ce mal, n’a pas manqué de mots pour le décrier : « Les artistes n’arrivent plus à vivre de leurs créations à cause de la piraterie », avant de souhaiter que « tout le monde s’implique dans cette lutte ». Les prestations ont été ponctuées de jeux questions- réponses. Tous ceux qui ont donné les bonnes réponses ont obtenu gracieusement des tee-shirts et des CD d’artistes burkinabè.
Cette lutte ne protège pas que les œuvres littéraires et artistiques, c’est également en général la culture et l’avenir du Burkina qui sont concernés. C’est du moins ce que le haut-commissaire de la province, Yirwaya Ouédraogo, a laissé entendre : « La lutte contre la piraterie est une grande lutte qui protège notre culture et même notre avenir. Parce que, sans culture, nous avons pas d’assise ».
« Toutes ces actions ne pourraient vraiment être efficaces sans un changement des mentalités de nos populations, et une prise de conscience face à la gravité du fléau que constitue la piraterie, qui nuit considérablement à notre patrimoine culturel déjà menacé par des agressions émanant d’autres cultures ».
Sougrinoma Guigma

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