2015 : Et la Culture résista !

Nous voilà au crépuscule de 2015 ! Une année qui aura été marquée au Burkina Faso par autant de périples dans les esprits que de péripéties sur le plan sociopolitique, avec, à la clé, un dénouement heureux à travers des élections libres et transparentes. Douze mois de dur labeur d’un peuple à qui le monde entier a reconnu le mérite.
Une année qui, sans doute, restera à jamais gravée dans la mémoire collective burkinabè, où la Culture et ses acteurs ont joué pleinement leurs rôles. Malgré le spectre d’une crise sociopolitique qui a plané depuis la période post-insurrectionnelle jusqu’à la fin de la Transition, il faut le dire haut, le Burkina Faso, à travers la Culture, est resté debout là où certains ont flanché.
En effet, en marge de la sphère sociopolitique qui n’a eu de cesse de bouillonner, au cours de cette année, la scène culturelle, qui parfois en la chevauchant, a tenu un rôle incontournable dans la cohésion sociale mais surtout a permis de garder notre pays comme pôle d’attraction artistique et culturelle à travers de nombreux évènements.
Connue comme capitale africaine du cinéma, Ouagadougou, malgré la conjoncture sociopolitique du pays et la menace djihadiste, n’a pas manqué le rendez de la 24e édition du FESPACO, tenue du 28 février au 7 mars 2015 sous le thème «Cinéma africain : Production et diffusion à l’ère du numérique». Une édition qui a vu le sacre du Marocain Hicham Ayouch. Puis, que dire des Kundé, la plus grande cérémonie de récompense de la musique, à qui, à tort ou à raison, on a toujours associé l’image de l’ex-Première dame, Chantal Compaoré? L’évènement a réussi le pari de la 15e édition. Au même moment, s’installait la 23e édition du Festival Jazz à Ouaga du 24 avril au 2 mai avec, encore et toujours, un programme riche et alléchant de jazz performance, de concerts et d’un village du festival qui a refusé des mélomanes venus de par le monde. Alors que s’éteignaient les lampions de Jazz à Ouaga, s’annonçaient les couleurs du côté des Marley d’Or. Cet évènement qui célèbre la musique reggae, malgré son jeune âge (2e édition), a «résisté» à la Transition.
De la 11e édition de Ciné droit libre, tenue du 28 juin au 4 juillet, au Festival Ouaga-New York (FONY) le 12 décembre, en passant par la 13e édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) du 26 au 29 novembre et le «come-back» des Nuits atypiques de Koudougou (NAK) pour leur 20e édition, on peut dire que la Culture, contre toute attente, a brillé de mille feux durant cette année 2015 au Pays des hommes intègres. A cela s’ajoute, entre autres, la célébration des 10 ans artistiques d’Alif Naaba et les différentes sorties discographiques qui, sans doute, ont apporté leur touche à une année culturelle, on peut plus dire, réussie.
Nonobstant quelques fausses notes, les troubles et autres couvre-feu qui font vaciller les secteurs culturel et touristique, il faut retenir le mérite de la résistance qui est grand. Et les différents acteurs, notamment le ministère de tutelle, peuvent s’en féliciter!
Une autre année se profile à l’horizon avec encore des défis, au nombre desquels l’attachement des acteurs pour une gouvernance de la Culture plus efficiente et prenant en compte les réalités du moment. Puissent-ils les relever !
Bonne année 2016 ! Culturellement vôtre !
Jérôme William Bationo

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